A l'occasion des réflexions qui naissent autour du mouvement des gilets jaunes et de la place du citoyen dans la vie démocratique, nous avons souhaité re-publier l'entretien de Michel Vielle datant de 2009. Disparu en 2010, ce géographe rural de formation, était venu au Développement social local (DSL) par sa passion nourrie pour "les territoires vécus, parcourus et repérés par les habitants". Devenu consultant, il a accompagné pendant dix années élus, professionnels et habitants dans les démarches de coopération et de co-construction de leur projet de développement. Une façon de donner corps et vie à la démocratie participative. Un grand professionnel, militant de la parole donnée aux citoyens, dont les constats et propositions n'ont rien perdu de leur actualité 10 ans après.
Fruit dun travail collectif et coopératif initié par lUnadel (Union Nationale des Acteurs du Développement Local) ce livre revient sur « lhistoire et les fondements du développement local racontés par les militants qui les ont construits ». Ecrit en collaboration avec cinquante acteurs-militants, sous la direction de Georges Gontcharoff, il interroge le « pouvoir dagir de linitiative individuelle et collective des citoyens et délus créatifs» et vise étudiants, investigateurs ou curieux intéressés par la capacité des pairs à sengager et chercher la transformation globale par laction locale. Avec une attention particulière portée sur lhistorique de la réforme territoriale en France et ses enjeux, ce texte prétend ainsi nous offrir une analyse de lingénierie de la coopération rapportée par ses promoteurs. Plus dinformation
E-FABRIK : la création numérique au service du lien social
Mis à jour le: 25-09-2018
Type d'action :
Education
Développement urbain, Vie des quartiers
Lutte contre l'exclusion sociale
Jeunesse
Accessibilité, Mobilité
Vie en établissement
Gouvernance, partenariats institutionnels
Nouvelles pratiques professionnelles
Participation des habitants
Région : Île-de-France
Sur le vif :
« Participer à ce projet, ça nous permet dacquérir des compétences et de louverture desprit. Au début, nous étions un peu impressionnés, mais en travaillant avec des personnes hanicapées, on se rend compte quelles sont comme tout le monde » Un élève de lécole de la Deuxième chance à Sarcelles, participant à E-FABRIK.
« Les professionnels découvrent les personnes en situation de handicap sous un autre jour, dans une interaction avec dautres personnes. Nous observons comment cela change les dynamiques personnelles, en poussant vers plus dautonomie et de communication » La cheffe de projet E-FABRIK.
Porteur(s) de l'action : Association Traces-Les Atomes crochus
Objectif(s) et bref descriptif :
Afin de familiariser des jeunes et des personnes en situation de handicap à la création numérique collaborative (pratiquée notamment au sein des Fab-Lab) et de favoriser la rencontre de lautre et de sa différence, deux associations engagées dans laccès pour tous aux sciences, ont lancé les défis E-FABRIK. Des binômes, associant des jeunes valides avec des résidents de structures daccueil pour personnes handicapées, imaginent et construisent ensemble une solution concrète à une difficulté rencontrée par la personne en situation de handicap, dans son quotidien. Ils sont accompagnés dans cette démarche par les professionnels de structures jeunesses ou handicaps et par la communauté des « makers », utilisateurs réguliers des Fab-Labs. Au-delà de son objectif de sensibilisation aux nouveaux outils numériques et de créations de liens entre valides et personnes en situation de handicap, E-FABRIK favorise une meilleure inclusion sociale de ces dernières et permet de valoriser limplication des jeunes. Par ailleurs, son action encourage la mise en lien et la création de partenariats entre les acteurs dun territoire relevant de champs daction différents (jeunesse, handicap et création numérique).
Origine(s) :
E-FABRIK est né du rapprochement de deux associations franciliennes inscrites dans une démarche déducation populaire, Atomes crochus et Traces, qui sefforcent de promouvoir laccès à la science pour tous les publics. La première de façon ludique et en sadressant prioritairement aux jeunes, chez qui elle cherche à développer le goût dapprendre. La seconde qui réunit des professionnels de la recherche et du développement, soucieux de diffuser les outils et la réflexion scientifique auprès dun public intéressé par la médiation scientifique. Elle intervient notamment sur le champ des formations proposées par atomes crochus auprès de professionnels (animateurs, médiateurs, enseignants ). Ensemble, ces deux associations ont déjà travaillé sur le lien social comme moteur dapprentissage. Les deux association sont en effet attachées au mélange des publics afin de permettre à chacun dapporter sa différence, pour se nourrir les uns des autres.
Naturellement, les deux associations se sont intéressées à la démarche des Fab-Labs comme moyen de franchir une étape de plus dans cette direction. Ces ateliers fonctionnant sur le principe dune communauté déchange (mise en commun des connaissances, entraide, convivialité) et orientés vers la création et la fabrication dobjet à laide de machines à commande numérique telles que des imprimantes 3D ou vinyle, des découpeuses laser Elles ont cherché à y mener des projets avec des jeunes en sappuyant sur la communauté des « makers », mais ont été confrontées dune part à la difficulté de trouver au sein des Fab-Labs, des projets qui motivent les jeunes, dautre part à une absence de cadre pédagogique nécessaire pour apporter une cohérence aux expériences conduites.
Parallèlement, en 2014, les membres de lassociation rencontrent un collectif de designers, « FIXexpert », qui créent des objets pour améliorer la vie des personnes en situation de handicap. Ils ont alors lidée de faire travailler ensemble des jeunes et des personnes handicapées autour de « défis », pour imaginer des objets solutionnant des difficultés rencontrées dans son quotidien par la personnes en situation de handicap et en réaliser le prototype dans un Fab-Lab.
Baptisée E-FABRIK, la démarche est ensuite formalisée à loccasion dun appel à projets du Fonds dexpérimentation pour la Jeunesse (Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports), qui a pour objet de financer des programmes expérimentaux visant à favoriser la réussite scolaire des élèves, à contribuer à légalité des chances et à améliorer linsertion sociale et professionnelle durable des jeunes de moins de vingt-cinq ans.
Le premier « défi » est lancé en 2015
Description détaillée :
Une dynamique individuelle et collective
LObjectif des défis E-FABRIK est non seulement de permettre aux participants engagés de réaliser un projet concret et solidaire mais également de favoriser la mise en lien et la création de partenariats entre les acteurs dun territoire relevant de champs daction différents (jeunesse, handicap et création numérique). Le dispositif repose sur une plate-forme collaborative, www.efabrik.fr. Cette plateforme permet aux jeunes qui souhaitent participer à un défi de sinscrire en ligne. Ils peuvent le faire à titre individuel, à condition toutefois dêtre au moins deux et âgés de 18 à 30 ans. Le plus souvent cependant, cette inscription se fait dans un cadre collectif, quil sagisse dun établissement denseignement (lycée, école de la deuxième chance ) ou dune structure jeunesse (Centre danimation, Maison des jeunes ), mais toujours sur la base du volontariat. Elle concerne alors des jeunes de 13 à 25 ans. Cest également sur la plate-forme que se signalent les personnes en situation de handicap, le plus souvent prises en charge par un service ou une structure daccueil spécialisée, qui souhaitent être associées à la démarche, ainsi que les Fab Labs et ceux qui veulent mettre leur compétences (bricoleurs, makers, animateurs, ingénieurs ) au service dE-FABRIK. Enfin, la plate-forme permet également la dimension collaborative du projet puisque chacun y dispose dun accès au blog, dun espace projet et est encouragé à lenrichir, en mettant en ligne soit des outils daide à la réalisation des objets (logiciels, tutoriels ), soit les « fiches process » qui ont permis de les réaliser.
Léquipe dE-FABRIK intervient pour formaliser les partenariats, créer les conditions nécessaires à la mise en synergie des 3 structures impliquées (jeunesse, handicap, fablab), et apporter le soutien matériel et technique à la réalisation des projets.
Lorsque des structures sont engagées dans la démarche (ce qui concerne la majorité des défis), ces dernières signent une charte et participent à une réunion de programmation qui permet de déterminer la durée de lexpérience (quelques semaines comme quelques mois), les modalités et le calendrier. Les structures bénéficient également dune journée de formation régionale afin de les préparer à accueillir et animer les ateliers. Enfin les référents de chaque structure disposent dun guide qui détaille les principes du projet ainsi que lensemble des ateliers du parcours. Les référents ont également accès au site internet collaboratif et participatif (ressources, espace personnel et forum en ligne). Les ateliers se déroulent chez les uns ou les autres, en fonction des besoins aux différents stades du défi (prise de contact, conception puis réalisation du prototype).
Faire ensemble pour se découvrir
Un premier atelier est organisé avec lensemble des potentiels participants pour leur présenter en détails la démarche et leur permettre de sengager en connaissance de cause. Une fois quils ont confirmé leur intérêt, un second atelier permet aux jeunes, alors baptisés e-apprentis, de faire connaissance avec les personnes en situation de handicap, ou e-associés. Des équipes sont alors formées, associant un ou plusieurs e-apprentis et un e-associé autour dun besoin identifié. Plusieurs ateliers seront ensuite nécessaires pour concevoir et réaliser le prototype répondant à ce besoin. A lexemple de Mamadou et Sissoko, de lAntenne Jeune Flandres et de Karim, suivi par un accueil de jour et un foyer dhébergement de lassociation CapDevant, qui rencontre des difficultés pour utiliser la manette de commande de son fauteuil roulant. Avec laide de leurs référents dans leurs structures respectives et de Guillaume, leur e-complice au Fab-Lab WoMa, atelier de quartier du 19ème arrondissement, ils ont effectué ensemble des recherches sur les adaptations de manettes déjà conçues par des makers, ont conçu à lissu de plusieurs essais une manette parfaitement adaptée à la main de Karim et à sa mobilité, puis lon réalisé à laide dune imprimante 3D. Pour mener à bien son projet, chaque équipe dispose dun budget de 150 euros et au-delà E-FABRIK prend en charge les besoins en matériel des participants. Le parcours se conclue par un moment festif et convivial où les équipes, devenus e-experts, présentent leur prototype. Ce dernier, ainsi que toutes les indications pour le réaliser soi-même dans un Fab-Lab sont ensuite mis en ligne sur le site dE-FABRIK où ils peuvent être consultés par des personnes à la recherche dune amélioration de leur quotidien.
En 2016, E-FABRIK a ainsi permis à 400 bénéficiaires de découvrir des outils numériques, le goût dapprendre, le lien social et de porter à leur terme une soixantaine de projets. Ce sont également 35 structures qui ont été impliquées sur 11 territoires dIle de France, permettant ainsi dimpulser une dynamique entre handicap, jeunesse et numérique.
De fait, à lissue des projets initiés par léquipe d E-FABRIK, des partenariats entre les structures jeunesse, handicap et Fablab perdurent. A Montreuil par exemple, le Fab lab et la maison daccueil spécialisée (MAS) Glasberg ont décidé de travailler à la réalisation un jardin thérapeutique dans la MAS.
Le dispositif se déploie pour linstant uniquement en Ile-de-France, mais E-FABRIK continue à démarcher des structures et compte profiter de sa notoriété naissante (laction est répertorié sur le site de La France sengage) pour simplanter sur dautres régions.
En janvier 2018, lassociation lancera également une formation « E-FABRIK » pour devenir médiateur numérique et social.
Le projet compte par ailleurs sétendre en Normandie, Rhône-Alpes et Aquitaine.
Impact(s) :
Côté jeunes :
- Favoriser le changement de regard sur le handicap
- Pour des jeunes en difficulté, il sagit dune expérience valorisante : le projet permet daboutir à un produit fini, dont lutilité est immédiatement constatée, et qui nest pas sanctionné par une note. Participer au projet a donc un impact sur la confiance en soi et en sa capacité à apprendre. A lissue du parcours, certains jeunes continuent à se rendre dans les FabLabs pour y développer des projets personnels.
- Les défis permettent dacquérir des compétences techniques et une expérience quil est possible de valoriser dans la recherche de stages ou demploi. Participé à E-FABRIK à même éveiller des vocations ou confirmer des orientations. Certains ont ainsi par exemple décidé de poursuivre des formations dans le médico-social.
- Limplication des jeunes dans les défis contribue à faire évoluer les regards sur la jeunesse portés par les professionnels des structures daccueil pour personnes handicapées et des FabLab.
Côté structures daccueil pour personnes handicapées :
- Participer à E-FABRIK permet douvrir la structure sur lextérieur et de favoriser les relations entre personnes en situation de handicap et personnes valides.
- Le projet peut avoir une influence sur les dynamiques personnelles des personnes en situation de handicap, en les encourageant à plus dautonomie et dinteraction.
- Le regard des professionnels sur la personne en situation de handicap évolue, et les éducateurs peuvent être amené à modifier certains projets personnels.
Côté Fab-Lab :
- Les Fab-Lab se conçoivent comme des lieux ouverts à tous et leur participation à E-FABRIK participe de cet objectif.
- Les Fab-Labs choisis sont dans une démarche de création de lien social de proximité . E-FABRIK est ainsi loccasion pour eux de rencontrer dautres acteurs locaux.
Côté partenariat :
- De nombreuses structures engagées dans un parcours E-FABRIK continuent ensuite à travailler ensemble, en organisant des activités communes.
Partenaire(s) : -Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports
-Fondation de France,
-Fondation AG2R la mondiale
-Fondation Croix rouge
-Fondation Free
-Département de lEssonne
-Région Ile-de-France (dispositif E-inclusion-Innovation sociale numérique, avec lappui de La Fonderie, agence numérique dIle-de-France)
Moyens :
Humains : Léquipe E-FABRIK se compose trois permanents, appuyés par un stagiaire et un membre de Trace qui apporte un soutien administratif et financier.
Financiers :
Une édition des défis E-FABRIK représente un budget denviron 100 000 euros (pour lannée 2017).
60% est assuré par des financements publics (Fond dexpérimentation jeunesse, Région Ile-de-France et Conseil départemental de lEssonne).
Les 40% restants proviennent de financements privés (Fondation free, AG2R-La Mondiale, Fondation de France au titre de lappel à projet handicap, Fondation Croix-Rouge sur la dimension lien social).
Matériels :
E-FABRIK nécessite des trois structures engagées sur un territoire la mise à disposition de locaux pour accueillir les ateliers. Les Fab-Labs mettent à disposition les machines nécessaires à la réalisation des prototypes.
*Mention légale : Le contenu de cette fiche relève de la seule responsabilité de l'Agence Apriles et ne peut en aucun cas être considéré comme reflètant la position des partenaires soutenant le projet Apriles.
Contact action : Vanessa MIGNAN Responsable Education et Engagement des publics au sein de lassociation Traces-Les Atomes crochus, responsable du projet E-FABRIK Association Traces-Les Atomes crochus 23 rue des Balkans 75020 Paris Tel: 01 43 48 36 96 Mail: [email protected]