Type d'action :
- Emploi, Formation
- Lutte contre l'exclusion sociale
- Accès aux droits
- Participation des habitants
Région : Rhône-Alpes
Sur le vif :
« Ca ma permis de sortir de chez moi, de rencontrer les autres et de les écouter. Au début jai foncé bille en tête
Le projet ma permis de me canaliser et de me rendre compte que je nétais pas prête à retravailler tout de suite. Par le biais du groupe, jai entrepris des démarches pour devenir bénévole à lépicerie solidaire. En plus, on a régulièrement des nouvelles des anciens qui ont trouvé un emploi, ça aide à rester motivée.» Une participante, dans le groupe depuis mars 2015 (10 mois).
Porteur(s) de l'action :
Association Aequitaz
Objectif(s) et bref descriptif :
En partenariat avec le Conseil départemental de la Drôme, lassociation Aequitaz expérimente depuis 2014 un accompagnement collectif à destination de demandeurs demploi et de personnes en situation de précarité. Fondée sur une approche collective et relationnelle de la recherche demploi, « une boussole, des cartes et les étoiles » vise à développer le pouvoir dagir et à favoriser linsertion professionnelle et sociale des personnes.
Origine(s) :
Linitiative naît en 2014 dans le cadre de la Coordination Locale dAction Sociale (CLAS) du Département de la Drôme. Créée en 2012 sous limpulsion du Vice-Président à lAction Sociale, cette expérimentation est menée sur le territoire Drôme des Collines Royans Vercors. Elle vise alors à réunir et faire collaborer lensemble des acteurs locaux dans le champ social pour inventer de nouveaux modes daction dans une logique de simplification et de développement du pouvoir dagir des personnes.
La CLAS sorganise en groupes de travail, dont lun se concentre sur le thème «Vivre avec ou malgré les minimas sociaux». Le groupe composé dassociations caritatives, de Pôle Emploi, de la Fédération des centres sociaux, du Conseil départemental et de quelques élus conclut alors à la nécessité de constuire une alternative à laccompagnement traditionnel des bénéficiaires du RSA. Jusqualors, cet accompagnement est surtout réalisé dans le cadre des démarches contractuelles individuelles prévues par le dispositif RSA. Cependant, ce mode de prise en charge individuel et contraint est jugé insuffisant, voire source dune perte de confiance des personnes vis-à-vis des administrations. Le groupe préconise trois axes damélioration : une plus grande valorisation des personnes, lintégration dune dimension collective et la mobilisation de réseaux.
Aequitaz, association spécialisée dans le développement du pouvoir dagir des jeunes, est choisie comme porteur de projet. Elle met alors en place des groupes de personnes en recherche demploi, afin de les aider à construire leur parcours professionnel en tissant un réseau de relations et en développant collectivement des actions à mener pour atteindre leur objectif professionnel. Cette action innove ainsi par son absence de prescripteur : fondée sur la libre participation des personnes, elle vise à les rendre actrices de leur recherche demploi. Les participants sont par ailleurs représentés au comité de suivi de laction qui rassemble lensemble des parties prenantes (les animateurs, le Conseil régional, Pôle Emploi et le Conseil départemental) et définit ses orientations.
Dès la phase de mobilisation des personnes, lassociation soriente vers des modes daction non conventionnels. De fait, la prise de contact par lintermédiaire des 150 partenaires du Conseil départemental nest pas suffisante et seule une vingtaine de participants manifestent leur intérêt. Lassociation se lance alors à la rencontre des personnes aux abords de Pôle Emploi et, pour dépasser la défiance des personnes vis-à-vis des administrations, leur propose de les rencontrer dans le lieu de leur choix, que ce soit le bureau dune administration ou bien un café. Ce mode de mobilisation, sil peut paraître artisanal, a néanmoins permis de rassembler 60 volontaires la première année et 90 la seconde.
Description détaillée :
Se déroulant sur le territoire dexpérimentation de la CLAS et sur celui de Saint-Rambert dAlbon, linitiative sadresse à un public large constitué de bénéficiaires des minima sociaux, de jeunes en recherche demploi et de personnes en reconversion professionnelle. Des ateliers thématiques réalisés en groupes dune trentaine de personnes sont animés par un membre de lassociation une demi-journée par semaine pendant 6 mois, tandis quun accompagnement individuel est proposé aux personnes qui le souhaitent lors de la demi-journée restante.
Le projet se structure autour de la métaphore du voyage. Lors de la première étape, les participants sont ainsi invités à définir une « étoile », soit un objectif professionnel. Lensemble du programme vise ensuite à atteindre cette étoile en construisant collectivement des actions (rencontres de décideurs autour dun thème) et des outils (des cartes par bassin demploi identifiant lieux ressources et obstacles), et une boussole indiquant les directions à prendre (la formation, laccès aux droits et les expériences professionnalisantes
).
Redonner aux usagers les moyens de construire leur parcours professionnel avec lappui du groupe
Le principe du programme dateliers est de développer collectivement des stratégies individuelles pour atteindre un objectif professionnel. Il sagit donc en premier lieu danimer une dynamique de groupe afin que les participants sinscrivent dans une démarche coopérative et relationnelle qui puisse faciliter leurs recherches.
Les premiers ateliers visent à permettre aux participants de développer leur affirmation de soi par le biais du théâtre. Ces ateliers sont lopportunité pour des personnes en difficulté de reprendre confiance en eux et de mieux appréhender leur relation avec un potentiel employeur. Dans un deuxième temps, les personnes peuvent identifier des freins à lemploi, métaphoriquement désignés « cailloux dans la chaussure » et tenter de définir collectivement les moyens dy remédier, les obstacles ainsi définis pouvant être de nature différente. Il sagit alors pour le groupe de construire des solutions adaptées en identifiant le niveau pertinent dintervention quil soit individuel (le manque de confiance en soi), collectif (le défaut de relations professionnelles) ou sociétal (les discriminations à lembauche).
Tout au long de la démarche, les participants sont invités à se soutenir dans leur recherche demploi en partageant offres demploi et « bons plans » ou en proposant une aide aux déplacements ou des conseils en informatique. Des actions collectives menées en périphérie de lemploi (organisation dune récolte dabricots et confection de confitures, visionnage du film « La loi du marché » et débat entre participants et spectateurs) permettent par ailleurs de consolider la dynamique de groupe.
La coopération est ainsi utilisée comme un levier de la recherche demploi puisquelle démultiplie le réseau des personnes et ouvre de nouvelles pistes de recherche. En outre, cette entraide favorise un changement dans la façon de percevoir la recherche demploi, souvent vécue comme une expérience solitaire, voire comme une compétition pour acquérir des places peu nombreuses.
Proposer des rencontres avec des entreprises et des décideurs qui permettent aux personnes de développer leur projet professionnel et de contribuer à lélaboration des politiques publiques
Dans le cadre des ateliers, les différents groupes participent à des visites dentreprises et rencontres avec des décideurs économiques et politiques.. La première année, au cours des 13 rencontres organisées, les participants ont ainsi pu visiter lentreprise CERALEP, une coopérative de production, une ressourcerie et sentretenir avec des agriculteurs employant des saisonniers. Ces temps déchanges sont loccasion pour les personnes de découvrir des métiers, nouer des contacts professionnels dans leur secteur de recherche demploi ou encore de confirmer leurs motivations et leurs compétences.
Par ailleurs, les rencontres impliquant institutions et élus (Maison de lemploi, MDPH, direction des recrutements du Conseil départemental, conseillers départementaux des cantons du Nord Drôme
) sont une opportunité pour les participants de transformer les politiques et dispositifs qui leur sont dédiées. Ceux-ci peuvent alors interpeller les décideurs, faire des propositions et impulser un changement dans la conception et la mise en uvre des dispositifs. Ces rencontres, préparées collectivement, ont ainsi favorisé la mise en place dune permanence daccès aux droits pour les personnes en situation de handicap sur lun des deux territoires qui en était dépourvu. Des membres des groupes ont également pu interpeller Pôle Emploi sur la pertinence dun système dérogatoire pour se rendre aux permanences, lassignation à un centre se faisant sur la base des découpages territoriaux sans prendre en compte les distances réelles à parcourir par les usagers afin dy accéder.
Une action qui remplit ses objectifs, mais qui doit se développer et se pérenniser
A lissue de leur participation aux ateliers, 80% des participants ont déclaré avoir retrouvé confiance en eux, 65% ont pu nouer des contacts dans des secteurs où ils cherchaient un emploi, 35% ont retrouvé un emploi, même précaire, et 9% ont atteint leur objectif professionnel1. Face à ce succès, laction est en passe dêtre reconduite pour la troisième année.
Cependant, pour se pérenniser, cette expérimentation, encore artisanale et fondée sur limplication des animateurs de lassociation, doit se développer. Lassociation a en effet pour ambition de changer léchelle de cette action qui touche encore peu de personnes au regard de limportance des besoins. Pour cela, elle entend tout dabord capitaliser lexpérience et diffuser les résultats obtenus au travers dun livret illustré. Il sagira ensuite de former des personnes relais dans les centres médico-sociaux afin de perpétuer et développer dautres ateliers.
Impact(s) :
- Laction a mobilisé 60 personnes la première année et 90 la seconde.
- A lissue de leur participation aux ateliers, 80% des participants ont déclaré avoir retrouvé confiance en eux, 65% ont pu nouer des contacts dans des secteurs où ils cherchaient un emploi, 35% ont retrouvé un emploi, même précaire, et 9% ont atteint leur objectif professionnel.
- Une permanence daccès aux droits pour les personnes en situation de handicap à été ouverte sur un des deux territoires dexpérimentation suite aux échanges avec les participants.
Partenaire(s) :
Conseil départemental de la Drôme, Pôle Emploi, le Conseil régional de Auvergne-Rhône-Alpes, les associations locales et les acteurs économiques locaux.
Moyens :
Financiers :
35 000 sont financés par le Conseil départemental de la Drôme
9543 sont financés par le Conseil regional dans le cadre du Contrat territorial emploi formation (CTEF) et 3000 euros dans le cadre de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE).
Humains :
Un animateur de lassociation par groupe.
Matériels :
Une salle mise à disposition par un partenaire.
1. Enquête menée à lissue de la première année de lexpérimentation.
*Mention légale :
Le contenu de cette fiche relève de la seule responsabilité de l'Agence Apriles et ne peut en aucun cas être considéré comme reflètant la position des partenaires soutenant le projet Apriles.