Type d'action :
- Développement urbain, Vie des quartiers
- Lutte contre l'exclusion sociale
- Jeunesse
- Gouvernance, partenariats institutionnels
- Diagnostic partagé
Région : Nord-Pas-de-Calais
Sur le vif :
« Ce qui fait la force de notre Projet Territorial de Cohésion sociale, cest que ce nest pas celui de Valenciennes Métropole mais du territoire, grâce à une gouvernance partagée : cest une façon de travailler, un état desprit. », le Directeur Général adjoint Ville, Habitat et Cohésion sociale de Valenciennes Métropole.
Porteur(s) de l'action :
Direction de la Cohésion Sociale de Valenciennes Métropole.
Objectif(s) et bref descriptif :

Afin de garantir la cohérence des politiques menées sur son territoire et de renforcer les capacités dagir des acteurs locaux, dès 2000, les élus de Valenciennes Métropole sengagent à faire de la politique de la ville
1, puis plus largement de la cohésion sociale, un axe fort de la stratégie communautaire, préfigurant ainsi le transfert en 2014 du pilotage de la politique de la ville, des communes vers les EPCI. Dix-sept ans plus tard, cette communauté dagglomération de 190 000 habitants se distingue par un positionnement original, reconnu par les autres acteurs du territoire : celui dun EPCI à la fois pilote et ressource pour les communes et les associations locales. Il peut pour cela sappuyer sur un outil élaboré et animé avec les communes membres, lEtat, le Département du Nord, la Région, la CAF et de nombreuses associations: le Projet Territorial de Cohésion sociale.
Origine(s) :
Dès sa création en décembre 2000, la communauté dagglomération de Valenciennes Métropole se positionne comme le chef de file de la politique de la ville sur son territoire. Le passage de la politique de la ville à lintercommunalité est motivé par les mêmes motifs que ceux invoqués au niveau national en 2014
2. Tout dabord, il sagit de trouver une échelle daction plus pertinente pour comprendre et pour agir sur les phénomènes de concentration de la pauvreté au sein dun même bassin de vie : les actions de chaque commune ayant nécessairement une influence sur la situation des autres. Dans la même logique, il sagit de renforcer la solidarité au sein de lespace communautaire, afin que la promotion de la cohésion sociale ne repose plus uniquement sur les efforts de quelques communes, mais bien sur la mobilisation de tous.
Dans le cadre du Contrat de Ville 2000-2006, force est de constater que le portage de la politique de la ville par lEPCI ne produit pas totalement les effets escomptés : le sort des quartiers prioritaires reste alors encore essentiellement une préoccupation des communes directement concernées. Par ailleurs, dans un souci déquité de traitement entre les territoires, Valenciennes Métropole souhaite mieux prendre en compte les besoins des communes plus rurales. Cest pourquoi les élus font le choix de passer un palier supérieur : définir une ambition sociale globale pour le territoire. A lissue dun diagnostic partenarial, des axes stratégiques sappliquant à lensemble du territoire communautaire sont formalisés et rassemblés dans un Projet urbain de cohésion sociale (PUCS) en 2007. Ce document intègre les objectifs spécifiques fixés pour les quartiers les plus pauvres de lagglomération, tout en les dépassant. En 2011, à loccasion de son renouvellement, le PUCS est renommé Projet territorial de cohésion sociale (PTCS).
En 2015, le PTCS est à nouveau renouvelé pour la période 2015-2020, en même temps que le contrat de ville
3. Lélaboration de ces documents a lieu à partir de la production de cinq groupes de travail thématiques associant les partenaires institutionnels et les communes. Des axes transversaux (lutte contre les discriminations, égalité Femme-Homme, jeunesse), travaillés au sein de trois autres groupes, permettent également dassocier les associations du territoire.

Cette action a été repérée et expertisée dans le cadre de l
'action recherche « Villes et vivre ensemble La gouvernance locale de la cohésion sociale », menée par l'Odas en partenariat avec le CGET.
Description détaillée :
Plus quun document, le Projet Territorial de Cohésion Sociale constitue un outil central danimation et dappui aux politiques de cohésion sociale sur le territoire. Il fonde son efficacité sur trois grands principes daction : lintégration de la politique de la ville au sein dune stratégie plus large, lapport de nouveaux moyens en ingénierie, un positionnement inclusif en complémentarité avec les communes et les autres acteurs du territoire.
Pour mener à bien ses missions, la communauté dagglomération dispose dune direction de la cohésion sociale, intégrée au sein du pôle Ville, Habitat, Cohésion sociale. Celle-ci compte neuf agents, dont une directrice, trois chargés de mission thématiques et, depuis 2017, deux chargées danimation territoriale.
Un contrat de ville pleinement intégré à une stratégie communautaire plus large en faveur de la cohésion sociale.
Depuis sa création, la politique de la ville est souvent traitée comme une politique marginale. Dune part, son objet (les quartiers les plus pauvres) nest pas toujours considéré comme un enjeu véritablement stratégique par les élus et les services, plus à laise avec une approche par quartier municipal ou par thématique. Dautre part, la politique de la ville possède souvent un(e) chargé(e) de projet ou une équipe dédiée, ce qui conduit parfois les autres services thématiques à considérer que la prise en compte des quartiers les plus pauvres ne relève plus de leur mission. En dautres termes, la capacité de mobilisation de tous les acteurs se heurte bien souvent au fonctionnement en silos de laction publique. Par exemple, le contrat de ville semble rarement connu des acteurs qui nen perçoivent pas directement les financements. De même, les articulations entre le contrat de ville et les feuilles de route des services (projets thématiques ou de territoires) sont souvent peu visibles.
A linverse, pour faire de la cohésion sociale un enjeu visible et partagé,
Valenciennes Métropole accompagne systématiquement, depuis 2007, lélaboration dun nouveau contrat de ville par celle dun projet territorial de cohésion sociale plus global. Cette démarche, animée par lAgglomération, permet dassocier davantage de services, délus et de partenaires à lobservation et à la définition des objectifs prioritaires du valenciennois en matière de cohésion sociale. En outre, elle garantit davantage de cohérence entre les actions menées spécifiquement dans le cadre de la politique de la ville et celles menées sur le reste du territoire.
Sur la période 2015-2020, les contrats de ville doivent prendre en compte trois piliers thématiques (emploi et développement économique, cadre de vie, cohésion sociale), dans chacun desquels sont déclinés trois enjeux transversaux (lutte contre les discriminations, égalité Femme-Homme, jeunesse). Dans la plupart des EPCI, les trois piliers définissent la structure du contrat de ville, ce qui engendre indirectement un cloisonnement entre les secteurs daction. A Valenciennes Métropole, suite à un important travail de diagnostic avec les acteurs du territoire, ces axes ont été totalement refondus et sont communs au contrat de ville et au PTCS :
1. Assurer les effets dentraînement sociaux et territoriaux du développement économique ;
2. Promouvoir la santé et faciliter laccès aux soins ;
3. Accompagner le renouvellement urbain et favoriser le vivre ensemble ;
4. Favoriser la réussite éducative et lengagement citoyen ;
5. Prévenir la délinquance et accompagner les victimes ;
6. Lutter contre les nouvelles formes de grande exclusion (en favorisant « laller vers »).
Le PTCS et le contrat de ville 2015-2020 partagent également le même socle de signataires. Ainsi, la différence entre le PTCS et le contrat de ville tient essentiellement au périmètre dintervention : dix-huit communes pour le contrat de ville, trente-cinq communes pour le PTCS. Lors des entretiens menés par lOdas au premier semestre 2016 dans le cadre de
laction-recherche « Villes et vivre ensemble La gouvernance locale de la cohésion sociale », plusieurs partenaires ont par conséquent présenté le contrat de ville comme une déclinaison opérationnelle du PTCS sur les quartiers les plus en difficulté. Afin dalléger le processus administratif, seuls les grands partenaires institutionnels du territoire sont signataires du PTCS (Communauté dagglomération, Etat, Région, Département, CAF), contre vingt-deux partenaires pour le contrat de ville (dont des associations et des bailleurs sociaux par exemple).
Sur le plan opérationnel, cette forte intégration des deux documents (PTCS et contrat de ville) se traduit par une articulation étroite entre les instances de pilotage. En effet, le comité de pilotage du PTCS est construit comme un comité de pilotage du contrat de ville, élargi aux trente-cinq communes de lagglomération.
De nouveaux moyens en ingénierie à disposition du territoire
Afin de ne pas générer de tensions chez les communes membres et les autres acteurs locaux, Valenciennes Métropole fait le choix de développer peu dactions et/ou services en gestion directe, sauf si ceux-ci nexistent pas sur le territoire. Au contraire, la communauté dagglomération souhaite en priorité soutenir laction des acteurs locaux, qui restent les principaux opérateurs de sa politique de cohésion sociale. Or ceux-ci font face à un manque dingénierie pour pérenniser leurs actions et innover, car la recherche de financement exige des compétences et du temps dont ils ne disposent pas tous.
Pour répondre à ce besoin, Valenciennes Métropole développe les capacités de son territoire dans trois domaines centraux :
lobservation/évaluation, la recherche de nouveaux financements, lanimation de la gouvernance locale de la cohésion sociale.
Concernant lobservation, comme la plupart des EPCI en 2017, la communauté dagglomération ne dispose pas danalyse des besoins sociaux (ABS) à léchelle intercommunale. Toutefois, un Observatoire, créé dans le cadre du PTCS, réalise régulièrement des diagnostics, croisant des données quantitatives (statistiques de lInsee et des services de lEtat par exemple) et lexpertise des acteurs de terrain. De plus, la communauté dagglomération a lancé en janvier 2017
une mission Observation, Suivi, Evaluation (OSE) du contrat de ville, portée par les chargées danimation territoriale. Lobjectif principal de cette nouvelle mission est de mesurer dans le temps les impacts du contrat de ville sur le territoire (puis, dans lidéal, du PTCS). Cette mission récente apparaît dautant plus pertinente que le déficit dévaluation des politiques de cohésion sociale est souvent une des limites majeures à leur meilleure valorisation.
Par ailleurs, en coordonnant mieux les démarches de chaque acteur à léchelle de lagglomération, Valenciennes Métropole développe une meilleure capacité de réponse aux grands appels à projets nationaux. Or, de par leur complexité, ceux-ci sont traditionnellement peu accessibles aux petites communes et acteurs associatifs.

Par exemple, alors que les moins de 25 ans représentent 35 % du territoire et rencontrent de nombreuses fragilités, la communauté dagglomération répond à lappel à projets national du
Programme dinvestissement davenir (PIA) Jeunesse4en 2016. Sappuyant sur les habitudes de travail du groupe jeunesse du PTCS, le projet porté par Valenciennes Métropole sintitule
« Accroche active ! Pour une jeunesse mobilisée et actrice de son avenir ». Il rassemble les contributions denviron une trentaine de partenaires variés
5 et concerne lensemble des communes de lagglomération. Il inclut treize actions, portées par huit opérateurs, dans trois domaines : lutte contre le décrochage scolaire, amélioration de lorientation et lien avec les entreprises, mobilité des jeunes.
En août 2016, le territoire valenciennois fait partie des seize lauréats du programme, ce qui lui permettra de recevoir jusquà près de 2 millions deuros supplémentaires entre 2017 et 2021. Ces nouvelles ressources pourraient permettre à Valenciennes Métropole de « passer un cap » dans la mobilisation du droit commun au service des personnes les plus fragiles sur son territoire, en pérennisant et en généralisant certains dispositifs.
Sur le plan de la gouvernance, lanimation régulière de groupes de travail rassemblant les partenaires du territoire (PTCS, PIA Jeunesse) a permis lémergence dune véritable culture partagée. Bien quil soit impossible de limputer uniquement au PTCS, les habitudes découte et de travail en commun développées depuis une dizaine dannées grâce à cet outil ont contribué au renforcement de la coopération et à la création de projets collectifs, comme « Accroche active ! ».
Un positionnement inclusif, en complémentarité avec les communes et autres acteurs du territoire
La dernière clé de réussite de lapproche valenciennoise est ladoption par lEPCI dun positionnement inclusif à légard des communes.
Ainsi, le PTCS constitue un socle de valeurs et dobjectifs porté au nom de lensemble des communes. Celles-ci sont néanmoins libres de sinvestir plus ou moins dans sa mise en uvre, selon leurs priorités et leurs moyens humains. Une logique qui sapplique à tous les projets de lagglomération. Ce positionnement comporte certes le risque dune intercommunalité à plusieurs vitesses, mais il permet aussi à celle-ci davancer sur certains enjeux sans exclure les communes les plus réticentes ou disposant dune plus faible capacité daction. Les réussites collectives impulsées par lagglomération, comme le projet « Accroche active ! », constituent autant dexemples concrets attestant de la plus-value dune approche communautaire de la cohésion sociale.
Jamais acquise, la mobilisation des partenaires et des communes au service des objectifs du PTCS est un défi permanent pour Valenciennes Métropole. En 2017, les communes ne comptant aucun quartier en politique de la ville restent globalement peu présentes dans le cadre des instances globales du PTCS. De fait, le comité élargi na jamais été réuni entre 2015 et 2017. Néanmoins, la diversité des thématiques abordées permet dassocier les communes hors politique de la ville par dautres biais. Celles-ci sont par exemple davantage mobilisées au sein du PIA jeunesse (qui répond à un axe transversal du PTCS), du fonds dinitiatives locales (spécifiquement dédié aux communes rurales), de laxe prévention/santé du PTCS ou encore dun travail mené sur la prévention de la radicalisation. Par ailleurs, même si toutes les communes ne sont pas encore totalement promotrices des projets communautaires, le PTCS a progressivement permis la diffusion dune sensibilité partagée aux enjeux de cohésion sociale parmi les élus.
Impact(s) :
Par une stratégie « des petits pas », la communauté dagglomération sest progressivement imposée comme un acteur incontournable du territoire. Elle est à la fois perçue comme une ressource utile et un ensemblier en matière de cohésion sociale par les communes et les autres acteurs locaux. En 2016, cette légitimité lentement acquise a permis à Valenciennes Métropole de se positionner comme un EPCI pro-actif reconnu en matière de politiques jeunesse sur son territoire.
Plus largement, lexpérience valenciennoise met en lumière les impacts positifs potentiels de lappropriation des enjeux de cohésion sociale à léchelle dun EPCI :
Lancement et animation dune dynamique locale positive entre partenaires du territoire (communes, EPCI, associations, Département, CAF, Université, Education Nationale, etc.), favorable au renforcement de la coopération.
Mise en cohérence des différents documents stratégiques et actions locales en matière de jeunesse et de cohésion sociale.
Développement de nouvelles capacités en ingénierie pour le territoire pouvant être mises à disposition des acteurs locaux, permettant à la fois :
o daller chercher de nouvelles sources de financements, à linstar des fonds obtenus dans le cadre du PIA Jeunesse.
o de renforcer les ressources locales en expertises (évaluation, observation, prospective).
Partenaire(s) :
Communes, Région, Département, Caisse dallocation familiale, Caisse des Dépôts, Agence Régionale de Santé, Caisse primaire dassurance maladie, Education Nationale, institution judiciaire, Pôle Emploi, Chambres consulaires, bailleurs sociaux, Université (dans le cadre du PIA Jeunesse), et de nombreuses associations locales intervenant dans le domaine de la cohésion sociale et/ou de la jeunesse.
Moyens :
Humains :
La direction de la cohésion sociale est composée de neuf agents, tous dédiés à lanimation du PTCS, dont :
- Une direction
- Trois chargés de missions sur les thèmes suivants : prévention-santé, gestion urbaine de proximité, éducation-citoyenneté-prévention de la délinquance-lutte contre les discriminations.
- Deux chargées danimation territoriale et OSE interviennent en soutien aux communes possédant des quartiers en politique de la ville, ainsi que sur le développement de la mission OSE (observation-suivi-évaluation). Chaque chargée dobservation territoriale porte également une mission annexe : égalité femmes-hommes et référente communication.
- Une responsable administrative et financière
- Deux assistantes
Valenciennes Métropole porte également, par le biais dun groupement dintérêt public, le Programme de Réussite Educative (volet éducatif de la politique de la ville), rebaptisé Dispositif de Réussite Educative, qui compte neuf équivalents temps plein.
La direction de la cohésion sociale travaille en transversalité avec les autres directions : habitat, renouvellement urbain, développement économique, sport, culture, écologie urbaine, etc. En outre, suite à la création dune Direction emploi en 2016, lanimation du volet « emploi » du Contrat de ville est portée par une chargée de mission rattachée à cette nouvelle direction, en lien étroit avec la Direction de la cohésion sociale
Financiers :
Environ 1 million deuros pour 2016.
Matériels :
Pas de besoin matériel spécifique en dehors des bureaux des agents et des espaces de réunion nécessaires aux réunions avec les partenaires.
1. Née dans les années 1970, la politique de la ville désigne un ensemble doutils et de crédits budgétaires supplémentaires ayant pour objectif de réduire les inégalités entre les quartiers les plus pauvres et les autres territoires. Elle est co-pilotée par lEtat et les communes, puis par lEtat et les EPCI à partir de 2014. Pour en savoir plus : https://www.ville.gouv.fr/?tout-sur-la-politique-de-la-ville
2. MINISTERE DE LEGALITE DES TERRITOIRE ET DU LOGEMENT ET MINISTERE DELEGUE A LA VILLE, « La nouvelle politique de la ville. Agir pour les habitants des quartiers prioritaires. (Dossier de presse présentant le projet de loi Lamy) », 2013
3. Le contrat de ville est loutil central danimation de la politique de la ville sur les territoires. Il sagit dun document formalisant les objectifs prioritaires daction dans les quartiers les plus pauvres, ainsi que les engagements des partenaires du territoire pour répondre à ces objectifs.
1. https://www.jeunes.gouv.fr/actualites/actualites-interministerielles/article/projets-innovants-en-faveur-de-la
2. Le projet a été construit à partir des productions de trois groupes de travail créés spécifiquement pour loccasion et animés par la Direction de la cohésion sociale de Valenciennes Métropole sur les thèmes suivants : lutte contre le décrochage scolaire, orientation et lien avec les entreprises, mobilité. Chaque groupe sest réuni à trois reprises, portant le nombre total de rencontres en groupe ou plénière à un peu plus dune dizaines, entre fin 2015 et mai 2016.
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