Monique Fournier Laurent est la preuve que la retraite porte bien mal son nom. Depuis 10 ans, cette habitante de Creil ne cesse de militer pour une citoyenneté active au service de la collectivité. Des convictions dont elle sest fait lécho dans plusieurs ouvrages et qui motive son engagement auprès des jeunes, au sein du collectif GR21 et son implication dans sa ville.
Comment promouvoir la participation sociale des personnes âgées ? Cest à cette question que sefforce de répondre le dernier numéro de la revue de "Santé Publique France, La santé en action". Alors que lon compte aujourdhui en France 13 millions de personnes âgées de 65 ans, la publication lui consacre un dossier de 37 pages, auquel a contribué une vingtaine dexperts (médecins, sociologues, universitaires ). Cette approche transversale permet de préciser les définitions, définir les enjeux, dessiner des pistes dactions, sinspirer de nos voisins étrangers Loccasion dévoquer des sujets qui tiennent à cur à Apriles, comme lengagement bénévole des séniors ou encore leur participation à lélaboration des politiques locales. > Télécharger la révue
Contrats de quartier : à Vernier, les habitants prennent la main
Mis à jour le: 10-03-2016
Type d'action :
Culture, Sport
Loisirs, Vacances
Développement urbain, Vie des quartiers
Liens intergénérationnels
Intégration
Lutte contre l'exclusion sociale
Jeunesse
Accessibilité, Mobilité
Gouvernance, partenariats institutionnels
Nouvelles pratiques professionnelles
Participation des habitants
Bénévolat
Diagnostic partagé
Région : -Etranger
Sur le vif : « Quand on voit doù on est parti, avec toutes les difficultés de cette population, le chômage, la multiplicité des communautés, et ce que lon est arrivé à faire en dix ans, cest wahou ! On est très fier » une habitante, coordinatrice dun groupe projet.
Porteur(s) de l'action : Les habitants et la municipalité de Vernier
Objectif(s) et bref descriptif : Afin daméliorer la cohésion sociale et le vivre-ensemble au sein des quartiers de la ville de Vernier en Suisse, la Municipalité a souhaité encourager les initiatives des habitants, reconnaître leurs compétences et les rendre pleinement acteurs de la vie du quartier en leur permettant dinitier et de mener des projets dutilité publique. A cette fin, un outil de démocratie participative a été mis en uvre : le contrat de quartier. Il permet daccompagner financièrement et méthodologiquement les habitants dans la mise en uvre de leurs projets.
Origine(s) : En périphérie de Genève, la commune de Vernier est constituée de cinq quartiers hétérogènes, séparés les uns des autres par des infrastructures routières et industrielles : grands ensembles (dont la plus grande barre dEurope), quartiers pavillonnaires en voie de gentrification, vieux bourg Banlieue populaire, elle compte 35 000 habitants dorigines ethniques très diverses, le taux de chômage et le taux daide sociale les plus élevés du canton.
En 2005, le maire nouvellement élu, particulièrement sensible aux démarches de démocratie participative, souhaite réinstaurer du lien entre les habitants et entre les générations, lutter contre un sentiment dinsécurité de la population et favoriser une plus grande proximité des habitants avec la gouvernance et ladministration de la commune. Une délégation municipale est alors missionnée à Bruxelles où depuis 1993 se sont développés des « contrats de quartiers durables » associant la région, une commune et des habitants. A la suite de cette visite, une réflexion samorce avec les acteurs locaux, notamment avec les conseillers municipaux et les services de la commune pour les convaincre de lintérêt dune telle démarche et lever les craintes (perte de pouvoir décisionnel, non maitrise de lagenda, surcharge de travail ). Un mode de fonctionnement et dorganisation est mis en place, garantissant lautonomisation des habitants: il permet de faire remonter les projets portés par ces derniers, de les aider à les formaliser, puis de financer les actions qui ont été sélectionnées. Il donne une large place à linitiative citoyenne et associe les acteurs institutionnels, associatifs et politiques locaux. Le premier contrat est signé en 2005 avec les habitants du quartier de Aïre-Le Lignon, puis entre 2008 et 2015 avec les quatre autres quartiers de Vernier.
Dix ans après la mise en place du premier contrat à Vernier, cinq autres villes suisses ont également mis en place cette démarche participative, dont Genève et Lausanne et une sixième sapprête à faire de même. Un réseau informel sest ainsi constitué entre les professionnels qui interviennent en appui auprès des habitants afin de capitaliser lexpérience des uns et des autres.
Description détaillée : Les contrats de quartier permettent à toutes les personnes qui habitent ou travaillent dans un quartier concerné, de proposer un projet dutilité publique, de trouver son financement et de pouvoir rapidement le mettre en uvre. Depuis leur création, se sont plus de 200 projets qui ont ainsi été réalisés à Vernier, soit jusquà 35 projets par an. La grande majorité de ces projets a été proposé par les habitants eux-mêmes. Seule une vingtaine a été proposée par des organismes (institutions, associations ).
Un portage politique fort A cet effet, la municipalité met les compétences et les ressources de la commune à disposition de la population. Un financement annuel de 50 000 francs suisse (46 000 euros) est attribué à chaque contrat, dont 40 000 (37 000 euros) réservés aux projets, les 10 000 (9 000 euros) restants permettant dassurer les frais de fonctionnement du dispositif (défraiement des membres du groupe de projet et de la coordinatrice). Voté par les élus municipaux il est renouvelé chaque année pour tous les contrats de quartier en dépit des forts clivages politique qui peuvent exister au sein de lassemblée municipale. De plus, la commune apporte un soutien méthodologique et logistique aux projets : une délégation « contrats de quartier », composée de deux salariés, diffuse la démarche auprès des citoyens, joue les facilitateurs, permet de faire le lien entre les habitants et les services municipaux ; ces derniers interviennent également pour assurer techniquement et logistiquement la bonne réalisation du projet. Enfin, les politiques sont présents au sein dune des instances de fonctionnement du contrat de quartier, le Comité de pilotage. Cette présence leurs permet de mesurer directement limpact de la démarche, mais facilite également le rapprochement des citoyens et des politiques. Progressivement, les habitants sont moins dans la plainte et plus dans laction, comme en témoigne le nombre et la variété des projets réalisés.
Des citoyens au cur du projet Afin dimpliquer pleinement les habitants, un mode de fonctionnement et un processus de décision participatifs ont été développés. Tous les contrats de quartiers fonctionnent sur le même modèle, qui permet aux habitants de sinvestir dans la proposition, la réception, linstruction, laccompagnement et la validation des projets, avant quils soient soumis à un arbitrage politique. Ils comprennent au moins une assemblée de quartier annuelle, un groupe de projet et un comité de pilotage.
Lensemble des habitants et des usagers du quartier sont invités à participer au moins une fois par an à lassemblée de quartier. Constituante du contrat de quartier pour la première assemblée, elle est ensuite un espace de dialogue et dinformation. Y sont présentés le bilan des actions passées, ainsi que les projets en cours, mais surtout elle permet au Groupe projet et au Comité de pilotage dêtre en lien direct avec la population. La première assemblée est réunie à lissue dun travail de plusieurs mois de sensibilisation des différents acteurs sur le contrat de quartier et les démarches participatives, afin quils mobilisent à leur tour les habitants.
Le groupe projet est au cur du dispositif. Composé dune dizaine dhabitants ou de personnes qui travaillent dans le quartier, il est désigné lors de la première assemblée de quartier puis renouvelé chaque année sur la base du volontariat et de la cooptation après présentation des motivations du postulant. Au sein de chaque Groupe projet, un coordonnateur(trice), désigné(e) par le groupe, sassure de son bon fonctionnement et de son autonomie dans lexercice de ses missions. Cest également à ce coordonnateur de promouvoir et expliquer la démarche du contrat de quartier auprès des acteurs et habitants Le groupe projet se réunit une fois par mois et son rôle est essentiel puisque cest à lui que les projets portés par un ou plusieurs habitants sont dabord soumis. Il les étudie, retient ceux qui offrent un caractère dutilité publique et aide les porteurs à monter un dossier structuré contenant lensemble des informations de présentation, notamment budgétaires, techniques Puis le groupe assure le suivi des projets et, au final, justifie de lutilisation des financements octroyés.
Une fois le montage du dossier finalisé avec laide du groupe projet, le porteur va défendre son projet devant le Comité de pilotage du contrat de quartier, lors dune de ses trois ou quatre réunions annuelles. Composé à parité de représentants politiques et institutionnels (dont un représentant du pouvoir exécutif municipal) et de représentants de la société civile (commerçants, directeurs décole, responsables associatifs ), le Comité de pilotage a pour mission de valider les projets et débloquer les sommes allouées à leur réalisation. Bien préparé par les Groupes projet, la quasi-totalité des dossiers présentés sont acceptés et font preuve dune grande diversité.
Priorité au vivre-ensemble Les trois-quarts des actions proposées ont pour vocation à renforcer les solidarités de proximité et à impulser du lien entre les habitants : projet intergénérationnel pour lutter contre la fracture numérique, repas ou fêtes de voisinage, talents de nos quartiers pour valoriser les savoir-faire dartisans locaux, « concourges » pour initier les enfants au jardinage et à lécologie, projets déchange et déconomie circulaire
Le quart restant porte sur des petits aménagements urbains (installation de bancs, de main courante, aménagement de cheminements piétonnier, jardins partagés ), plus exceptionnellement sur des projets de grande envergure, comme la patinoire synthétique du Lignon. Un travail important est alors mené par les animateurs pour instaurer des collaborations avec des acteurs publics et privés, nécessaires à la réalisation technique de ces projets Les activités proposées sont au final accessibles gratuitement et leur fonctionnement géré par les habitants. Si un noyau dhabitants plus mobilisés initie les projets, ce sont ainsi plusieurs dizaines de bénévoles qui collaborent chaque année aux différents projets (plus de 80 pour faire fonctionner la patinoire ) et des centaines dhabitants du quartier et dailleurs, qui y participent : le diner de soupe de potiron à lissue de « concourges » a par exemple réuni plus de 200 personnes en 2015.
Certains de ces projets, représentés et validés plusieurs années de suite, deviennent des moments attendus qui rythment la vie du quartier. Dautres, notamment les repas communautaires ont aujourdhui trouvé leur modèle économique et des sources de financements (fonds privés) externes aux contrats de quartier. Enfin, certains projets ont été repris par le service de la culture ou le service des sports de la municipalité (patinoire, concerts ). Mais en étant initiés par les contrats de quartier, ils ont pu être mis en uvre plus rapidement et les habitants se les sont mieux appropriés. Les contrats de quartier ont ainsi permis lémergence de projets très diversifiés : si certains pouvaient être portés par des associations ou avec laide des Maisons de quartier, cela lauraient été de façon plus limitée et sans le même engagement des habitants.
Après 10 ans dexistence, coordonnateurs et animateurs sont bien conscients des défis pour continuer à faire vivre les contrats de quartiers : comment continuer à mobiliser les habitants ? Comment renouveler les membres des comités de projets et les coordonnateurs ? Plusieurs occupaient déjà des fonctions au sein dassociations et certains sont en place depuis plusieurs années. Comment faire évoluer le dispositif pour maintenir la dynamique du début ? Pour la première fois en 2015, quatre assemblées de quartier ont ainsi été réunies ensemble, dans un souci de simplifier lorganisation, mais surtout de créer une occasion supplémentaire de rassembler tous les habitants des différents quartiers et de les fédérer.
Impact(s) : Une enquête a été menée à loccasion des 10 ans auprès des membres des groupes projets et des différents habitants qui avaient portés un projet dans leur quartier :
63% des personnes interrogées ont limpression de mieux connaitre leurs voisin(e)s et 83% que les contrats de quartier sont utiles pour renforcer les liens sociaux entre les habitants. 93% estiment que les contrats de quartier favorisent plus globalement la vie du quartier.
Elles sont au moins 93% à considérer que le dispositif contribue à améliorer la qualité de vie dans le quartier, en apportant des résultats concrets et visibles aux besoins réels des habitants
Enfin 76% pensent que les contrats de quartiers sont utiles pour rapprocher les citoyen(ne)s de ladministration et des autorités. Des problématiques propres au quartier peuvent remonter plus facilement auprès des politiques et de ladministration.
En plus de ces résultats, dautres impacts sont également évoqués par les acteurs :
Des changements de pratiques professionnelles entre les services municipaux, qui ont appris à travailler plus en transversalité ;
Le développement dune identité forte en tant quhabitants dun quartier, mais également une réelle fierté en tant quhabitant de Vernier;
La diminution des incivilités et du sentiment dinsécurité.
Partenaire(s) : Les contrats de quartier ont bénéficié depuis leur création dune multitude de partenaires, dont le soutien a parfois été ponctuel sur un projet particulier.
Sans les citer tous, ces partenariats proviennent dinstitutions (Bureau de lintégration, département de linstruction publique ), dentreprises (Grande distribution, entreprise de téléphonie, association de commerçants ) et dassociations.
Moyens :
Financiers :
50 000 CHF par an par contrat de quartier (46 000 euros), soit 250 000 CHF (230 000 euros) au total.
Humains :
La délégation contrat de quartier de la ville de Vernier emploi un Délégué contrat de quartier et un travailleur social, soit 1,5 équivalent temps plein.
Chaque Groupe projet dispose dun coordonnateur.
La Commune met également à disposition les collaborateurs des services municipaux selon la nature du projet.
Matériels :
La commune met à disposition les emplacements pour réaliser les projets et la logistique nécessaire.
Chaque groupe projet dispose dun lieu de réunion.
*Mention légale : Le contenu de cette fiche relève de la seule responsabilité de l'Agence Apriles et ne peut en aucun cas être considéré comme reflètant la position des partenaires soutenant le projet Apriles.
Contact action : Alexandre MEGROZ Délégué aux contrats de quartier Ville de Vernier (Suisse) Service Cohésion sociale, 4 chemin de lEtang 1219 Chatelaine - Vernier (Suisse) Tel: +41 22 306 06 70 Mail: [email protected]