| Monique Fournier Laurent - « Sinvestir auprès des jeunes, cest rester jeune ! » |
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Monique Fournier Laurent est la preuve que la retraite porte bien mal son nom. Depuis 10 ans, cette habitante de Creil ne cesse de militer pour une citoyenneté active au service de la collectivité. Des convictions dont elle sest fait lécho dans plusieurs ouvrages et qui motive son engagement auprès des jeunes, au sein du collectif GR21 et son implication dans sa ville.
Le sourire est franc, le contact facile et chaleureux. Lorsque Monique Fournier Laurent vous accueille à Creil, la ville où elle réside depuis plus de 30 ans, il est difficile de ne pas succomber au charme du regard clair et de la silhouette juvénile de cette « jeune » retraitée. Mais ne vous y trompez pas : si la voix est douce et le discours posé, cette femme de conviction sait aussi se montrer passionnée, dès quelle évoque son engagement citoyen au sein du Groupe de Réflexion sur le 21ème siècle (GR21), collectif quelle a contribué à créer. Sans compter un sens aigu de la formule, lorsquil sagit par exemple de fustiger limmobilisme de certains élus et de leurs services face à des projets portés par des bénévoles, tels ceux quelle a contribués à initier au sein du Comité de quartier Jaurès Gare : « Nos édiles préfèrent gérer des jérémiades que des projets même concrets et peu coûteux ».
Pour cette ancienne cadre dirigeante à la SNCF, le bénévolat était cependant loin dêtre une vocation. « Jai toujours beaucoup travaillé et aimé cela, confie celle qui a consacré plusieurs années durant jusquà 14h00 par jour à sa vie professionnelle. Je navais pas le temps pour autre chose. Jétais même un peu réservée envers laction associative ». Après une maîtrise de recherche en mathématiques, cette fille, épouse et mère de cheminots a forcé la porte de la SNCF pour devenir la première femme cadre à la Direction des transports. Elle y prend des responsabilités, souvent en précurseur, mais surtout y cultive lesprit de « service public ». Une notion inscrite dans lADN du GR21 et que partagent ses membres fondateurs, passés par des entreprises publiques ou lArmée. Pourtant, avant ses 55 ans et la retraite, cest elle qui quitte la SNCF. « Jai commencé par écrire un livre sur le management, pour transmettre mon expérience, mais très vite, jai eu envie de faire quelque chose pour les autres. Lassociation des cheminots bénévoles ma orientée vers la Mission Locale de Creil. Je navais pas la moindre idée de ce quon y faisait mais la Directrice avait un projet datelier contre lillettrisme. Je me suis lancée, bientôt rejointe par dautres bénévoles». Pour Monique, cest le déclic : « en arrivant à la Mission locale, jai pris une gifle. Javais eu une belle carrière mais je vivais en vase clos. Je connaissais principalement la société par ce que jen lisais dans les médias. Jai été choquée par les difficultés de ces jeunes et révoltée par un discours qui les dénigrait : pas ambitieux, pas courageux, désabusés. Cétait nos enfants, nous avions une part de responsabilités. A nous de faire bouger les lignes ». Avec deux autres bénévoles de la mission locale, ils constituent alors le collectif GR21 et sappuient sur leurs expériences, pour mobiliser les professionnels, impliquer les principaux intéressés et proposer des solutions en amont, comme lutter contre le décrochage scolaire, restaurer le goût dapprendre, rapprocher les familles des enseignants. Plusieurs actions voient le jour, à lexemple des « conteurs de métier », des actifs qui viennent dans les collèges parler de leur profession, éveiller la curiosité et transmettre une vision épanouissante du travail. « Nous avons mis 18 mois à entrer dans un premier établissement, mais ensuite le bouche à oreille a joué. Cela a entrainé dautres initiatives, notamment une audiothèque qui sest constituée, avec laide dune radio locale et la participation des collégiens. Ils choisissent les professionnels à interviewer, participent au montage et à la diffusion des émissions. Et nous avons passé la main à lassociation Agir ABCD ». Car le GR21 nest pas une association, na pas de budget, chacun y exerce librement sa citoyenneté et assure jusquau bout la mission sur laquelle il sinvestit. « Nous initions des projets, nous les testons avec des institutions et des associations locales, à qui nous confions ensuite ces initiatives pour quelles les fassent vivre ». Une démarche qui permet au GR21 dengager de nouveaux projets, de répondre à des demandes daccompagnement des communes de lagglomération creilloise, et aux membres du collectif de sinvestir personnellement sur des projets qui ne trouvent pas localement de porteurs, comme lont fait Monique et son mari sur Energie Jeunes1. Car le dynamisme de cette incorrigible râleuse semble inépuisable : « ce nest pas le découragement qui me guette, mais la colère face au manque de rigueur des institutions, dès lors quil sagit de projets portés par des bénévoles. Par leur désengagement, elles nencouragent pas une citoyenneté daction. Heureusement, il y a la satisfaction de voir des initiatives reprises et évoluer, la réussite des jeunes qui en ont bénéficié et surtout lambition assez égoïste de laisser à nos petits-enfants une société meilleure. Aujourdhui, je me sens 1000 fois plus riche, avec un appétit toujours plus grand daventures, de découvertes, de nouvelles compétences! » Une ambition qui ne devrait pas être déçue. Si le GR 21 sest dissout fin 2017, chacun des membres poursuit son action au sein des associations qui portent les projets initiés. Quant à Monique et son époux, ils quitteront bientôt Creil pour Conflans-Sainte-Honorine, bien décidés à impulser là-bas de nouvelles dynamiques citoyennes. Assurément, la passion de Monique pour les pierres attendra encore un peu. 1. Energie Jeunes est une association crée en 2009 pour contribuer à la prévention du décrochage scolaire dans les quartiers les moins favorisés. Elle est financée par des entreprises publiques (Académies de l'EN de différentes régions, Service civique), et des entreprises privées (EDF, Manpower, LOréal, Fondation SNCF
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Comment promouvoir la participation sociale des personnes âgées ? Cest à cette question que sefforce de répondre le dernier numéro de la revue de "Santé Publique France, La santé en action". Alors que lon compte aujourdhui en France 13 millions de personnes âgées de 65 ans, la publication lui consacre un dossier de 37 pages, auquel a contribué une vingtaine dexperts (médecins, sociologues, universitaires
). Cette approche transversale permet de préciser les définitions, définir les enjeux, dessiner des pistes dactions, sinspirer de nos voisins étrangers
Loccasion dévoquer des sujets qui tiennent à cur à Apriles, comme lengagement bénévole des séniors ou encore leur participation à lélaboration des politiques locales.


Monique Fournier Laurent est la preuve que la retraite porte bien mal son nom. Depuis 10 ans, cette habitante de Creil ne cesse de militer pour une citoyenneté active au service de la collectivité. Des convictions dont elle sest fait lécho dans plusieurs ouvrages et qui motive son engagement auprès des jeunes, au sein du collectif GR21 et son implication dans sa ville.