| Claire Bolduc, la québécoise qui défige le monde rural |
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Sa force de conviction et son enthousiasme feraient reculer lhiver de la belle la Province ! Derrière sa frange blonde et ses lunettes sages, Claire Bolduc est une boule dénergie, au service des causes quelle défend : le dynamisme des territoires ruraux et une autre façon de faire société , plus durable et respectueuse des ressources environnementales. Depuis plus de 30 ans, alors jeune épouse, puis mère de quatre enfants et aujourdhui grand-mère comblée, cette quinqua québécoise na cessé de sengager.Un virus attrapé dès son plus jeune âge, au contact de ses parents. Aînée de sept enfants, Claire grandit à Baie Comeau, à lEst du Québec, sur le bord du fleuve Saint-Laurent. « Mes parents nétaient pas engagés politiquement mais étaient très impliqués bénévolement dans plusieurs organismes locaux, surtout ma mère. Et lun et lautre nous ont élevé avec lidée que si nous voulions que notre communauté aille bien, nous devions nous en mêler.». Cest dailleurs à son père, directeur pour une compagnie pétrolière, quelle doit son orientation professionnelle. Alors quelle envisage de poursuivre des études de biologie, il lui conseille de devenir agronome : « cest un métier davenir. Les gens auront toujours besoin de manger ! »
A la faculté dagronomie de lUniversité Laval à Québec, Claire na pas encore une âme de militante. Elle sinvestit surtout dans les associations sportives et rencontre à 19 ans son mari, Richard. Ces deux-là ne se quitteront plus et leurs études terminées, partent au début des années 80 sinstaller à lautre bout du pays, au Témiscamingue. Pour le jeune couple, cest un second coup de foudre: « Nous avions un contrat de trois ans, mais nous nen sommes jamais repartis! Nos enfants y sont nés. Nous y avons construit notre ancrage. Les Québécois ont lhabitude de dire que cette région est le secret le mieux gardé du Québec. Les paysages y sont magnifiques et les habitants ont accès à tous les services ». Beau, certes, mais rude aussi. Les territoires sont immenses et la population peu nombreuse. Les communautés, très rurales, sont loin des centres de décisions « Cest un milieu fragile car léquilibre économique, les infrastructures y sont menacés. Mais les habitants sont très attachés à leur territoire et savent quils doivent se prendre en main. » Le terrain est favorable pour que Claire Bolduc laisse sépanouir son goût de lengagement et révèle sa capacité à fédérer. Tout dabord, au sein de lordre des agronomes, quelle intègre dès 1981 pour en gravir tous les échelons jusquà en devenir la Présidente, en 1999. « Lépoque était aux grands combats, autour des pesticides, des OGM, de la sécurité alimentaire. Il fallait réconcilier les citoyens avec les agriculteurs, faire accepter à ces derniers lenjeu environnemental et négocier une réglementation supportable avec le gouvernement. Pour moi, notre ordre professionnel avait un rôle à jouer sur ces dossiers dintérêt public. Cette implication a dailleurs donné de la popularité à notre profession ». Parallèlement, cette militante infatigable sinvestit localement, au niveau social, éducatif ou au sein dune radio locale avec un même but : mobiliser le dynamisme des zones rurales et leur donner confiance dans leur capacité à agir. « Il y a dans ces territoires des élus, mais aussi des directrices décoles, des artistes, des entrepreneurs, et toute une foule de bénévoles qui simpliquent pour faire avancer tout le monde. Il faut juste fédérer ces énergies, les aider à développer leurs compétences ». Cest ce quelle va faire en prenant en 2008 la tête de Solidarité rurale Québec, une coalition dorganismes dont la mission est de promouvoir la revitalisation et le développement du monde rural. « Lautre grand enjeu a été de faire prendre conscience au gouvernement que tous les territoires sont différents et dexiger que lon agisse en fonction de ces particularités, de ne pas laisser quelques uns sapproprier les ressources, au détriment de la majorité, comme avec les gaz de schistes. Cest un enjeux plus large pour notre société, qui relève de léthique». En 8 ans de présidence, elle a largement contribué à transformer en profondeur le monde rural, en lui rendant sa fierté et en faisant reconnaitre son rôle déterminant pour lavenir du Québec. Mais cette dynamique reste cependant fragile, à la merci de coupes sèches dans les subventions de fonctionnement, comme celle décidées en 2014 par lactuel gouvernement du Québec. De quoi décider Claire Bolduc à quitter ses fonction au sein de Solidarité rurale et à se tourner vers un combat plus politique : « avec dautres personnalités engagées dans laction publique, nous avons fait le constat que nos concitoyens avaient besoin dun espace de dialogue, de débat pour se réapproprier leur démocratie et se mettre en marche. Nous avons donc lancé Faut quon se parle et sillonné pendant six mois le Québec. Les habitants nous ont ouverts leur porte et ont été des milliers à participer à quelques 166 assemblées de cuisine et 18 consultations publiques . Et aujourdhui, je suis prête à défendre, dans un mandat local, les idées, les propositions, les espoirs quils nous ont confiés. Pour moi, ce nest quune continuité de mon engagement citoyen et le principal est de conserver du sens à son action ! ». Et cest au domaine DesDuc (contraction de Dessureault-Bolduc), le vignoble quelle exploite toujours avec son mari, que Claire continue de puiser ce sens: « la terre, cest très concret. Il faut sen occuper si lon veut que le geste que lon pose aboutisse à une récolte ». Il en est de même pour les idées et pour notre démocratie ! Estelle Camus |
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Sa force de conviction et son enthousiasme feraient reculer lhiver de la belle la Province ! Derrière sa frange blonde et ses lunettes sages, Claire Bolduc est une boule dénergie, au service des causes quelle défend : le dynamisme des territoires ruraux et une autre façon de faire société , plus durable et respectueuse des ressources environnementales. Depuis plus de 30 ans, alors jeune épouse, puis mère de quatre enfants et aujourdhui grand-mère comblée, cette quinqua québécoise na cessé de sengager.
Cest ce quelle va faire en prenant en 2008 la tête de Solidarité rurale Québec, une coalition dorganismes dont la mission est de promouvoir la revitalisation et le développement du monde rural. « Lautre grand enjeu a été de faire prendre conscience au gouvernement que tous les territoires sont différents et dexiger que lon agisse en fonction de ces particularités, de ne pas laisser quelques uns sapproprier les ressources, au détriment de la majorité, comme avec les gaz de schistes. Cest un enjeux plus large pour notre société, qui relève de léthique». En 8 ans de présidence, elle a largement contribué à transformer en profondeur le monde rural, en lui rendant sa fierté et en faisant reconnaitre son rôle déterminant pour lavenir du Québec. Mais cette dynamique reste cependant fragile, à la merci de coupes sèches dans les subventions de fonctionnement, comme celle décidées en 2014 par lactuel gouvernement du Québec. De quoi décider Claire Bolduc à quitter ses fonction au sein de Solidarité rurale et à se tourner vers un combat plus politique : « avec dautres personnalités engagées dans laction publique, nous avons fait le constat que nos concitoyens avaient besoin dun espace de dialogue, de débat pour se réapproprier leur démocratie et se mettre en marche. Nous avons donc lancé Faut quon se parle et sillonné pendant six mois le Québec. Les habitants nous ont ouverts leur porte et ont été des milliers à participer à quelques 166 assemblées de cuisine et 18 consultations publiques . Et aujourdhui, je suis prête à défendre, dans un mandat local, les idées, les propositions, les espoirs quils nous ont confiés. Pour moi, ce nest quune continuité de mon engagement citoyen et le principal est de conserver du sens à son action ! ».