| Olivier Le Duc "Lorsquon fait confiance nimporte quel casseur par dépit peut devenir un bâtisseur" |
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« Tout ce qui est fait pour nous, que dautres ont décidé sans nous, est fait contre nous. » Cest avec les mots de Nelson Mandela quOlivier Le Duc résume le sens dun engagement de 40 ans envers les jeunes, et la philosophie à la base des centres daccueil quil a créés : des centres atypiques fondés sur la confiance et la responsabilisation des jeunes accueillis dans le but de les aider à construire leurs projets et reprendre la maîtrise leur vie. Cest dans un épisode de sa propre jeunesse quOlivier Le Duc forge lintuition qui guide son action : « Jétais capitaine d'une équipe de foot dans un village de 2000 habitants. Avec des amis, on avait décidé douvrir un endroit pour se retrouver. Malheureusement, dautres jeunes venaient régulièrement casser le local. Jai eu la volonté de comprendre les codes et aspirations de ces jeunes souvent issus du prolétariat rural, de comprendre leur souffrance. Et jai vu que, lorsque lon ouvre la porte, quand on fait confiance, nimporte quel casseur par dépit peut devenir un bâtisseur.» Par la discussion, il parvient à les convaincre de rejoindre le groupe. Le local quOlivier et ses amis sétaient choisi, un petit manoir du 17ème siècle que la mairie envisage de détruire, est alors entièrement remis à neuf par les jeunes du village, anciennement « casseurs ». Impressionné par la qualité du travail accompli, le maire du village renonce à détruire le manoir et le cède aux jeunes. Cette intuition, Olivier Le Duc la garde en tête tout au long de sa vie : dans les années 70, il devient éducateur et tente de reproduire son expérience de jeunesse dans les différents postes quil occupe : animateur, faisant fonction d'éducateur de rue, formateur, puis formateur de formateurs pour les « stages d'insertion » quil a mis en place de 1976 à 1986. « Je me suis toujours dit que ce qui avait marché dans mon petit village pourrait très bien fonctionner avec des jeunes de banlieues. » se rappelle-t-il. Après une pause dans ce parcours, où il devient commercial dans une entreprise de téléphonie, il se décide à prendre les rênes, « pour les laisser aux jeunes, et ne pas laisser une autorité supérieure mempêcher et les empêcher de vivre ce saut du haut de la falaise, cette nouvelle manière d'écrire l'histoire avec eux ». En 1995, alors employé par la paroisse Saint Pierre de Montrouge, Olivier le Duc ouvre le Centre Paroissial Initiatives Jeunes (CEPIJE) dans une ancienne école du 14ème arrondissement. Le bâtiment de 800m² est laissé entièrement vide : « Cétait aux jeunes de créer le local de toute pièce, avec leurs projets, leurs envies. » Des jeunes du quartier que la fermeture de lycées professionnels dans le contexte de la grève générale de décembre 1995 avait laissé désuvrés investissent très rapidement les lieux, et viennent porter leurs projets au CEPIJE : un club de boxe Thai ouvre alors ses portes. « Jétais un peu sceptique sur la démarche au début. Je ne voyais pas ce quune pratique violente allait apporter. Puis je me suis laissé convaincre. Après tout, cest moi qui leur avait demandé de monter un projet » explique-t-il. Cest en effet la grande confiance accordée aux jeunes qui distingue sa démarche : à linverse des structures traditionnelles, lensemble des activités sont gérées par les jeunes eux-mêmes, en toute autonomie. Exemple parlant, les activités sportives ne sont encadrées par aucun animateur de la ville. Mais faire confiance réserve parfois des surprises : lorsquil arrive au centre un matin, il découvre quun jeune du centre a détruit un mur entre deux salles. Finalement, la pièce ainsi créée devient le gymnase du centre, ouvrant des possibilités daccueil et d'animation insoupçonnées. Le CEPIJE se convertit rapidement un lieu central de la vie du quartier : une troupe de théâtre sinstalle, des enfants viennent même y célébrer leurs anniversaires animés par les jeunes du centre. Linitiative attire et les projets se multiplient, toujours sous limpulsion des jeunes eux-mêmes : le CEPIJE a ainsi vu la création dun studio son et dun atelier de création vidéo. « Mais ce nétait pas que du loisir », précise Olivier Le Duc. La musique et la vidéo ont été de vraies passerelles vers linsertion sociale et professionnelle des jeunes. En 20 ans, six groupes de musique formés au CEPIJE sont devenus indépendants économiquement, et latelier vidéo créé a permis à cinq jeunes dêtre embauchés en tant que saisonnier chaque année pendant cinq ans pour la réalisation de films dentreprise. Outil dinsertion, la musique a aussi été un véritable vecteur de cohésion sociale. Dans un contexte de rivalités entre bandes de jeunes du quartier, le studio de son a à plusieurs reprises permis de casser les préjugés et les conflits éternels : « Les jeunes de bandes rivales ont appris à ce connaître grâce au studio. Les relations se sont pacifiées. La musique rassemble. » Aujourdhui à la retraite, Olivier Le Duc souhaite transmettre ses expériences : «Jai toujours eu à cur de répondre favorablement aux associations ou aux collectivités qui voulaient reproduire chez elles le modèle CEPIJE. Mais cela suppose que lesprit de la démarche et la pédagogie soient appropriés et respectés par les nouveaux initiateurs de CEPIJE. Et cela ne peut se faire quen venant sur place, en simprégnant du terrain, en rencontrant les jeunes vivant cette expérience, et non en calquant simplement la démarche CEPIJE. La pédagogie du centre doit par ailleurs sadapter à la richesse dans lequel il simplante » avertit-il. Fort de son expérience, il accompagne aujourdhui deux centres créés sur le modèle du CEPIJE : le CEBIJE, soutenu depuis 2008 par la mairie de Boulogne et animé par une équipe de salariés et bénévoles boulonnais très engagés, et « Ribat », centre ouvert à Bondy par lassociation Le Rocher en 2013. Il continue à suivre les CEPIJEs de Suresnes et Colombes, et va accompagner la naissance d'un CEPIJE (RIBAT porté par lassociation le Rocher) aux Mureaux. Ségolène Dary Contacts : - CEBIJE : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir - RIBAT Association Le Rocher https://assolerocher.org/ - Olivier LE DUC : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir |
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Comment promouvoir la participation sociale des personnes âgées ? Cest à cette question que sefforce de répondre le dernier numéro de la revue de "Santé Publique France, La santé en action". Alors que lon compte aujourdhui en France 13 millions de personnes âgées de 65 ans, la publication lui consacre un dossier de 37 pages, auquel a contribué une vingtaine dexperts (médecins, sociologues, universitaires
). Cette approche transversale permet de préciser les définitions, définir les enjeux, dessiner des pistes dactions, sinspirer de nos voisins étrangers
Loccasion dévoquer des sujets qui tiennent à cur à Apriles, comme lengagement bénévole des séniors ou encore leur participation à lélaboration des politiques locales.
Le réseau 


« Tout ce qui est fait pour nous, que dautres ont décidé sans nous, est fait contre nous. » Cest avec les mots de Nelson Mandela quOlivier Le Duc résume le sens dun engagement de 40 ans envers les jeunes, et la philosophie à la base des centres daccueil quil a créés : des centres atypiques fondés sur la confiance et la responsabilisation des jeunes accueillis dans le but de les aider à construire leurs projets et reprendre la maîtrise leur vie.
En 1995, alors employé par la paroisse Saint Pierre de Montrouge, Olivier le Duc ouvre le Centre Paroissial Initiatives Jeunes (CEPIJE) dans une ancienne école du 14ème arrondissement. Le bâtiment de 800m² est laissé entièrement vide : « Cétait aux jeunes de créer le local de toute pièce, avec leurs projets, leurs envies. » Des jeunes du quartier que la fermeture de lycées professionnels dans le contexte de la grève générale de décembre 1995 avait laissé désuvrés investissent très rapidement les lieux, et viennent porter leurs projets au CEPIJE : un club de boxe Thai ouvre alors ses portes. « Jétais un peu sceptique sur la démarche au début. Je ne voyais pas ce quune pratique violente allait apporter. Puis je me suis laissé convaincre. Après tout, cest moi qui leur avait demandé de monter un projet » explique-t-il. Cest en effet la grande confiance accordée aux jeunes qui distingue sa démarche : à linverse des structures traditionnelles, lensemble des activités sont gérées par les jeunes eux-mêmes, en toute autonomie. Exemple parlant, les activités sportives ne sont encadrées par aucun animateur de la ville. Mais faire confiance réserve parfois des surprises : lorsquil arrive au centre un matin, il découvre quun jeune du centre a détruit un mur entre deux salles. Finalement, la pièce ainsi créée devient le gymnase du centre, ouvrant des possibilités daccueil et d'animation insoupçonnées.
Le CEPIJE se convertit rapidement un lieu central de la vie du quartier : une troupe de théâtre sinstalle, des enfants viennent même y célébrer leurs anniversaires animés par les jeunes du centre. Linitiative attire et les projets se multiplient, toujours sous limpulsion des jeunes eux-mêmes : le CEPIJE a ainsi vu la création dun studio son et dun atelier de création vidéo. « Mais ce nétait pas que du loisir », précise Olivier Le Duc. La musique et la vidéo ont été de vraies passerelles vers linsertion sociale et professionnelle des jeunes. En 20 ans, six groupes de musique formés au CEPIJE sont devenus indépendants économiquement, et latelier vidéo créé a permis à cinq jeunes dêtre embauchés en tant que saisonnier chaque année pendant cinq ans pour la réalisation de films dentreprise. Outil dinsertion, la musique a aussi été un véritable vecteur de cohésion sociale. Dans un contexte de rivalités entre bandes de jeunes du quartier, le studio de son a à plusieurs reprises permis de casser les préjugés et les conflits éternels : « Les jeunes de bandes rivales ont appris à ce connaître grâce au studio. Les relations se sont pacifiées. La musique rassemble. »