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Educateur spécialisé, puis directeur de MJC, Alain Benesty est depuis 2005 à la tête de lassociation Médianes de Tarbes (65) qui travaille à rapprocher l'offre culturelle locale des populations les plus éloignées de la culture. Egalement réalisateur, il développe au sein de la structure plusieurs projets vidéo orientés vers la libre expression des habitants. Entretien.
Apriles: Médianes, quest ce que cest ?
Alain Benesty: Cest une association qui met en uvre des projets de médiation culturelle sur le Grand Tarbes et la ville de Lourdes. Il sagit de favoriser laccès à la culture des publics qui en sont les plus éloignés et notamment les habitants des quartiers politique de la ville. Cest le mandat originel de lassociation créée par la volonté des élus. Aujourdhui, Médianes est un des principaux acteurs du CUCS Grand Tarbes qui est administré chose assez rare par un groupement dintérêt public (GIP). Celui-ci est financé par lEtat, le Conseil général des Hautes-Pyrénées et lAgglo...
Apriles: Au regard de votre mission, quels sont les outils à votre disposition ?
Alain Benesty: Un des dispositifs important, cest les tickets culture qui concernent 400 personnes. Au prix de 3, ils donnent accès à tous les spectacles vivants de la ville. La formule est non discriminante, puisque les bénéficiaires disposent des mêmes tickets que lensemble du public. Par ailleurs, on ne tient pas guichet, les critères dattribution ne sont pas financiers. Les bénéficiaires sont identifiés par notre réseau de partenaires (Secours populaire, association de prévention spécialisée, MJC, etc.) qui considèrent à un moment donné quun concert ou un spectacle peuvent constituer un élément favorable à laccompagnement.
Apriles: Vous gérez également le passeport culture
Alain Benesty: Oui, cest un dispositif à destination des 12-17 ans qui permet laccès à quatre spectacles dans lannée. Deux qui leur sont proches, comme des concerts de rock ou de Hip-Hop et deux plus éloignés. Ce peut-être une pièce de théâtre ou un concerto classique. En outre, le passeport ouvre droit à la participation à des ateliers de sensibilisation artistique animés par des professionnels du conservatoire de musique et de danse. Les jeunes des quartiers populaires peuvent ainsi sessayer à la danse classique par exemple. Les professionnels quant à eux sont en contact avec des publics quils ne connaissent pas. Ça fait évoluer leurs représentations, et ils sont souvent étonnés par les ressources créatrices de leurs nouveaux élèves. Nous travaillons actuellement à la mise en place de mini résidences durant lesquels les jeunes des ateliers monteront ensemble une uvre pluri-dsciplinaire et collective.
Apriles: Depuis 2005, Médianes porte également le pôle ressource images. De quoi sagit-il ?
Alain Benesty : Localement, il ny avait pas de structure spécialisée dans linitiation et lapprentissage des techniques de prises dimage et de réalisation. Mon expérience de réalisateur ma appris quil sagit pourtant dun formidable moyen dexpression. Le pôle propose à différents publics de travailler dans ce domaine autour de trois axes. Linitiation, qui consiste en un module de 30 heures structurées en plusieurs séances, ouvertes aux personnes de plus de 12 ans. On y acquiert les bases, le fonctionnement de lappareil, les techniques de prises de vue. On y aiguise aussi son regard et développe son esprit critique. Il y a également laccompagnement à la réalisation de films en direction des associations. Il sagit daider à la conception de petits documentaires (3 à 15 minutes) qui permettent de faire savoir et faire connaître le programme et la nature des activités des associations participantes, mais aussi de laisser libre court à limagination des adhérents. Et enfin, le troisième axe est la prestation de services. Là, nous vendons nos compétences pour la réalisation de films institutionnels de communication sociale. Des petits formats qui donnent la parole aux usagers des institutions et qui peuvent également constituer un élément qualitatif important dévaluation dans le cadre de la loi 2002-2.
Apriles : Médianes porte également le concept de « la Boîte à image »
de quoi sagit-il ?
Alain Benesty: Créée en 2006, la Boîte à images est un outil à dispositions des associations ou des collectivités locales qui met en uvre un dispositif de captation vidéo dans un espace qui sapparente à celui dun « photomaton ». Dans une boîte denviron deux metres cubes, prennent place, en vis à vis, une personne qui sexprime et un interlocuteur qui porte un questionnement précis dans le cadre dune recherche collective. Sa fonction principale est de permettre lexpression des stéréotypes, des représentations sur une problématique identifiée et nommée. Participant dune démarche de connaissance, voire de diagnostic, ce recueil donne lieu à la création dun vidéogramme de synthèse permettant dengager un processus de médiation. Nous avons par exemple installé la boîte à image dans la rue, à Montauban, pour questionner les passants autour de lexil. Ou a Bayonne, autour des questions liées à la jeunesse. Dans chaque cas, la cinquantaine de personnes interviewées dans lespace public ne constitue pas un échantillon représentatif, mais révèle 80 à 85 % de la photographie sur une problématique. La méthode place lexpression des citoyens comme un point de départ dans la recherche et lélaboration des solutions à une problématique donnée et sappuie sur lidée que les personnes directement concernées par les situations sont à même de nommer les difficultés, mais aussi les moyens pour les dépasser. La Boîte à image sinstallera dès la rentrée 2012 dans un collège de Tarbes pour un travail autour de la question de la réussite scolaire.
Propos recueillis par Sébastien Poulet-Goffard
Plus dinfos : 05 62 93 11 33
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