| Richard-Pierre Williamson : « Les retraités constituent une ressource importante pour la société » |
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Cadre de santé, Richard-Pierre Williamson sest spécialisé dans les problématiques liées «aux aléas du vieillissement». Il a dédié sa carrière au travail en réseau et à la création de passerelles entre sanitaire et social, hôpital et domicile, soins et préventions dans un secteur qui souffre encore du cloisonnement des institutions et des acteurs. Directeur du CLIC de lagglomération de la Roche-sur-Yon depuis 2001, il sattache à fédérer toutes les énergies pour favoriser le bien vieillir et par là même, le vivre-ensemble.Apriles : Un CLIC, c'est quoi ? Richard-Pierre Williamson : Un Centre Local dInformation et de Coordination est une structure de proximité, en direction des retraités, des personnes âgées et de leur entourage, mais aussi des professionnels de la gérontologie et du soutien à domicile. Conçu comme un guichet unique, il accueille, oriente, facilite les démarches du public et fédère les acteurs locaux. La plupart dentre eux exercent également des missions dévaluation des besoins, élaborent des plans daccompagnement et en assurent le suivi en lien avec les intervenants. Il existe en France aux alentours de 700 coordinations gérontologiques dont 540 sont labellisées CLIC. La plupart dentre eux sont portés par des associations ou des collectivités territoriales. A : Vous êtes directeur du CLIC Entourâge à la Roche-sur-Yon. Quels sont les éléments qui ont présidé à sa création ? R-P W : La coordination existe sur la ville depuis 1997, fruit dune réflexion de professionnels et de retraités actifs, conjuguée à une politique gérontologique locale dynamique et volontariste. Face aux fonctionnements en silo qui caractérisaient le secteur et condamnaient les acteurs à travailler dans leurs spécialités respectives, il sagissait de créer des ponts pour mieux répondre aux besoins des personnes âgées et de leur entourage. La coordination permettait de produire ensemble des réponses globales, coordonnées et interdisciplinaires pour faire face à une importante montée en charge des problématiques liées à lâge. A la Roche-sur-Yon, nous avons obtenu le label CLIC dès sa création par les pouvoirs publics en 2002. Une disposition qui est venue entériner ce qui se faisait déjà ici, mais aussi sur dautres territoires. Porté par la ville à sa création, cest depuis 2010 un service de la Roche-Sur-Yon Agglomération.
L'équipe du Clic Entour'âge
A : Quels sont les éléments qui caractérisent le CLIC Entourâge ? R-P W : En plus de laccueil, de lorientation, de la coordination et du suivi qui constituent son cur de métier, le CLIC sest doté dun observatoire gérontologique. Il s'agit de réunir quatre fois par an lensemble des acteurs du secteur pour croiser leurs observations, faire un point sur l'évolution de l'offre, recenser les problèmatiques collectives, et plus globalement faire le point sur lefficacité de lexistant. Cest loccasion pour les différents intervenants de se forger « une culture commune ». Ces réunions constituent donc un outil danimation intéressant, mais elles permettent aussi, grâce à la connaissance affinée et partagée du contexte, lémergence de nouvelles solutions. Ces dernières étant souvent mises en uvre collectivement. Face au constat de larrêt des services de maintien à domicile à 20 heures, les partenaires ont, par exemple, récemment décidé la création dune nouvelle activité, « les visiteur du soir », assurée par une nouvelle association réunissant 5 partenaires. Globalement, nos élus sont très attachés à impliquer tous les acteurs, quils soient professionnels ou usagers à la définition et à la mise en uvre de cette politique gérontologique . A : Entourâge met aussi laccent sur la prévention R-P W : Demblée, il nous est apparu que les acteurs de la prise en charge étaient aussi les mieux placés pour faire de la prévention. Dès 2001, il a été décidé de dédier un poste de chargé de prévention et danimation à plein temps, ce qui nous permet dapporter des réponses adaptées, personnalisées et réactives aux besoins des retraités actifs . Mais au-delà de lindividuel, le travail collectif tient une place importante dans notre dispositif de prévention. Des initiatives qui sont pensées et construites avec les usagers. Nous proposons par exemple un « atelier théâtre du dimanche » dont lobjectif est favoriser la rencontre, la créativité, restaurer la confiance en soi ou un atelier décriture-mémoire-transmission afin de coucher sur le papier les souvenirs dans une perspective de relais aux générations à venir qui peut passer par une lecture publique. Plus globalement nous nous inspirons de ce qui est fait dans les pays anglo-saxon et en Belgique où il est là-bas question « décologie des seniors ». On y développe plus quen France des actions de valorisation qui font appel à leurs savoir-faire. Latelier « Re-traiter sa vie » par exemple mise sur la reconnaissance des acquis de lexpérience afin daccompagner les retraités dans l'élaboration de leur projet de vie. Nous proposons aussi aux personnes dintégrer des groupes de réflexion au sein desquelles elles discutent des problématiques qui les concernent comme par exemple le soutien à domicile. Lenjeu est quensemble, les seniors puissent envisager des solutions, tout en se préservant contre un possible isolement. Finalement, les retraitées sont un vivier dénergies pour les activités citoyennes et bénévoles. Ils constituent des ressources importantes pour la société. A : Vous êtes vice- Président de l'Association nationale des coordinateurs et directeurs de Clic (Ancclic). Au niveau national, quels sont aujourdhui les grands enjeux de votre champ ? R-P W : On assiste actuellement à une explosion des maladies Alzheimer et apparentées. Des polypathologies qui génèrent des situations complexes accentuées par lisolement. Face à ce phénomène, et plus généralement concernant le soutien à lautonomie, il faut sortir des réponses binaires domicile/établissement, être imaginatif, promouvoir l'innovation sociale en envisageant dautres types de réponses comme les accueils de nuit, le baluchonnage, créer des maisons des aidants, organiser des visiteurs de nuit ou monter des plateformes de services... Il faut aussi penser aux alternatives comme le logement partagé et intergénérationnel. Pour cela, il faut décloisonner les dispositifs et les façons de penser. Plus globalement, la notion daccessibilité convoque plusieurs questions autour des villes et des territoires de demain. Quelle société voulons-nous pour nous et pour nos enfants ? Des enjeux éminemment politiques que les décideurs locaux pourraient investir pour en faire un axe fort de leurs mandats. Il en va du « vivre ensemble ». Cest aussi « économiquement payant » puisquil sagit toujours demplois non délocalisables. Au niveau national, la création dun droit universel de compensation de la perte d'autonomie me semble être une priorité. Le pays a en effet besoin dune ambitieuse politique de prévention « des aléas du vieillissement ». Contact : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir Propos recueillis par Sébastien Poulet-Goffard |
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Cadre de santé, Richard-Pierre Williamson sest spécialisé dans les problématiques liées «aux aléas du vieillissement». Il a dédié sa carrière au travail en réseau et à la création de passerelles entre sanitaire et social, hôpital et domicile, soins et préventions dans un secteur qui souffre encore du cloisonnement des institutions et des acteurs. Directeur du CLIC de lagglomération de la Roche-sur-Yon depuis 2001, il sattache à fédérer toutes les énergies pour favoriser le bien vieillir et par là même, le vivre-ensemble.