| Aurore Hermet : « Du cur à lengagement » |
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Aurore Hermet est inconnue du grand public mais elle est déjà, à 29 ans, une figure de la solidarité dans sa ville natale de Chambéry. Actuellement chargée de mission à la fédération des centres sociaux du Rhône, elle fût pendant deux ans présidente du centre social de lAssociation du Quartier Centre Ville (AQCV). Une structure qui fait une large place aux jeunes, dans le cadre de ses activités bien sûr, mais aussi au sein de son conseil dadministration. Retour sur le parcours dune militante née, dont la valeur nattend pas le nombre des années.Elle le sait depuis longtemps Aurore, peut-être même depuis toujours: « Quand je serai grande, je serai dans le social ». Le fruit dune éducation tournée vers les autres ? Une sensibilité naturelle aux inégalités ? Toujours est-il que lévidence ainsi posée, la petite fille devenue jeune femme a tenu parole : à 29 ans, elle est titulaire dun diplôme dEtat dassistant de service social et prépare actuellement un Certificat dAptitude aux Fonctions de Directeur dEtablissement Social (CAFDES). Aurore Hermet est également titulaire dun parcours militant sans faille estampillé éducation populaire, option centre social. Une structure quelle rencontre en 1999 : « je suis en première, et des petites affichettes sur les murs du lycée nous informe que le centre social du quartier recherche des bénévoles pour laccompagnement scolaire. Je deviens volontaire. » Ce mot lui va bien. Portée par la disponibilité et lénergie de léquipe, Aurore participe dans la foulée avec des copines à un projet de solidarité internationale. Il sagit dapporter un soutien à une association de femmes Béninoises qui lutte conte le trafic denfants. Constitution en association, statuts, recherche de financement « Le centre social me guide dans les arcanes de la méthodologie de projet ». En 2001, un voyage est organisé : « des mamans de zones rurales me racontent quelles ont vendu leur enfant pour quelques Francs CFA pensant quil aurait un meilleur avenir. En fait, les petits sont esclaves à Cotonou » Une expérience marquante dont elle témoignera dans les locaux du centre avec une exposition photo et vidéo. En 2001, Aurore quitte Chambéry pour suivre ses études dassistante sociale à Lyon. Diplôme en poche, elle revient en 2004 dans sa ville et travaille en secteur pour le Département dabord, puis devient mandataire judiciaire Des activités professionnelles éminemment altruistes qui suffiraient à dautres, mais Aurore poursuit son investissement bénévole. Comme plusieurs autres jeunes ayant un temps fréquenté la structure, elle devient administratrice de lAssociation de quartier centre ville (AQCV), gestionnaire du centre social. Elle y impulse une action qui va faire grand bruit à Chambéry : « à lépoque, je minterroge sur la place donnée à la jeunesse du pays. Les présidentielles approchent et je suis marquée par son fatalisme et son désintérêt pour la chose politique. Jai alors envie de rompre avec ce désenchantement et montrer que laction est possible ». Aurore réfléchit à un projet susceptible de redonner aux jeunes le goût de la chose public, du vivre-ensemble et du faire-ensemble. Celle qui finit encore ses mails par un « salutations citoyennes » met en place avec ses comparses « Le Lambda Vote » : un collectif qui mobilisera une soixantaine de bénévoles autour des questions civiques. « Pendant un an, des hordes de jeunes arborant un t-shirt orange occupent lespace public. On fait du bruit, une dynamique se crée sur la ville ». Au programme : organisation de concerts - réunissant jusquà 400 personnes - des happenings autour de la culture hip hop, micros-trottoirs et déambulations théâtrales. « A chaque évènement, nous sommes là, on discute et on distribue une plaquette dinformation sur les institutions de la République. Il sagit dinciter les jeunes à sinscrire sur les listes électorales et à aller voter ». Résultats ? Le scrutin de 2007 bénéficie dune hausse dinscription de 11% par rapport au précédent. Passée lélection, Aurore décide de prendre lair et senvole pour le Québec. Ce nouveau pays et cette nouvelle dynamique pourraient linciter à sessayer à autre chose, mais elle ny peut rien. Les fondamentaux demeurent et le social lattire comme un aimant. Elle travaille dans un centre communautaire, léquivalent québécois des centres sociaux. « Je moccupe de la coopérative de services où des jeunes se mettent à disposition du voisinage pour rendre de menus services (petites réparations, courses aux personnes âgées ). Ils perçoivent alors une petite rémunération dont ils réinvestissent une partie dans la coopérative. Créatrice de liens, la démarche permet aussi aux jeunes une ouverture sur le monde du travail». 2008, nouveau retour à Chambéry. Elle devient responsable de deux résidences sociales. Accompagnement, gestion de conflit, elle accueille des personnes cassées par la vie. Là encore, Aurore ne lâche rien comme on dit. Elle porte un projet de rayonnement du centre social par-delà le quartier et les publics. Elle est élue par le conseil dadministration et devient à 26 ans la toute jeune présidente de lAQCV. Là, elle sattache à mettre les énergies en cohérence : créer de nouveaux outils de communication, élargir et redynamiser les partenariats, enrichir et renouveler les relations entre les membres du conseil dadministration et les salariés, le tout autour des valeurs de solidarité et de citoyenneté : « avec laccroissement des difficultés socio-économiques, sil ny a pas dimplication dans la cité, de création de lien social, alors on fonce vraiment dans le mur ». Cest avec ces convictions comme bagage quAurore repart à Lyon en 2011, pour y passer un CAFDES (certificat daptitude aux fonctions de directeur détablissement social). Aujourdhui installée dans la capitale des Gaules, elle est depuis peu chargée de mission à La fédération des Centres Sociaux du Rhône. En professionnelle cette fois, elle travaille en vue du 8ème congrès de la fédération nationale qui se tiendra à Lyon les 21, 22 et 23 juin 2013. « Une préparation au long cours qui entre dans sa deuxième phase : lorganisation de débats thématiques avec les habitants». Un travail dorganisation et de dynamisation du réseau au niveau départemental dans lequel elle met à profit plus de dix ans dapprentissages militants et bénévoles. Actuellement en CDD, ce travail la mobilisera sans doute jusquau congrès. Et après ? Nul ne le sait. « Je me situe dans une perspective de mission ». Il est à peu près sûr néanmoins quon ne la retrouvera pas chez un concessionnaire automobile ou dans un magasin délectroménager. Pourquoi ? « Parce que lengagement cest dans mes tripes dit-elle. Et ça me rend heureuse aussi » Sébastien Poulet-Goffard |
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Aurore Hermet est inconnue du grand public mais elle est déjà, à 29 ans, une figure de la solidarité dans sa ville natale de Chambéry. Actuellement chargée de mission à la fédération des centres sociaux du Rhône, elle fût pendant deux ans présidente du centre social de lAssociation du Quartier Centre Ville (AQCV). Une structure qui fait une large place aux jeunes, dans le cadre de ses activités bien sûr, mais aussi au sein de son conseil dadministration. Retour sur le parcours dune militante née, dont la valeur nattend pas le nombre des années.