| Katia Lamardelle Directrice de Centre Social «Nous créons des passerelles entre acteurs locaux» |
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Katia Lamardelle est la jeune directrice du centre social « Espace Torcy » dans le 18ème arrondissement de Paris. Elle nest encore quau début de sa carrière, mais elle a déjà un long parcours dans le champ de la solidarité : titulaire dun DUT carrières sociales, dune licence de léducation, dune maîtrise et dun DESS stratégies et développement social, cest dans les centres sociaux quelle a choisi dexercer. Dabord à Douai (59), puis à Paris, Katia avec ses équipes professionnelles et bénévoles tricotent le lien social, au bénéfice de toutes les familles du quartier. Apriles : Comment présenteriez-vous le centre social « Espace Torcy » ? Katia Lamardelle : Cest un équipement de proximité à vocation sociale globale, implanté dans le quartier La Chapelle Porte dAubervilliers, un des quatre quartiers classés politique de la ville du 18ème arrondissement de Paris. Il est caractérisé par une présence marquée et inégalement répartie de publics fragilisés avec une forte proportion de jeunes de moins de 20 ans et de population migrante. Le centre social « espace Torcy » occupe le rez-de-chaussée et le premier étage dun immeuble quil partage avec lEcole Normale Sociale (ENS) qui en est à lorigine. Ouvert de 8h à 22h, léquipe compte 9 salariés. Avec les 82 bénévoles impliqués, nous y développons des activités uniques dans le quartier qui concernent 650 usagers. Nous gérons par exemple une ludothèque où les enfants viennent se dépenser et jouer en famille, assurons des cours de français, qui concernent 70 personnes à raison de trois soirs par semaine et coordonnons, avec tous les acteurs du territoire, la fête du quartier. Apriles : De quelle façon mettez-vous en uvre vos activités ? K.L.: Nous sollicitons autant que possible les ressources de chacun pour mettre en uvre de façon partagée notre projet social. Notre conception de la gestion de la vie du centre par une équipe salariée et bénévole favorise lexercice de la citoyenneté et lentraide entre habitants. Nous accompagnons les associations et essayons dêtre au plus prêt des personnes isolées. Nous les orientons vers les structures adéquates en veillant à ne jamais nous substituer aux dispositifs de droit commun. Le tout dans une dynamique active où le travail auprès et avec les usagers et leurs familles nous permet dêtre à lécoute des besoins du territoire. A travers lensemble de ces activités, le centre social est un acteur indispensable du quartier, il crée des passerelles entre tous les acteurs : habitants, associations, professionnels, élus, bailleurs et financeurs. Apriles : Nous sommes là au cur des missions conférées à lensemble des Centres Sociaux K.L. : Oui, dans tous les cas, lexistence des centres sociaux s'appuie sur une circulaire de la Cnaf de 1981 qui en donne la définition suivante : "Il sagit dun équipement où doit s'effectuer en priorité un travail social familial et se coordonner des activités socio-éducatives, en vue de mettre à la disposition des familles les moyens de remplir leur rôle. Cette action globale, si elle s'adresse à toute la population, doit être particulièrement orientée vers les moins favorisés, socialement et culturellement". Cest dailleurs les Caf qui labellisent et financent ensuite au moins pour moitié les équipements. Mais ceux-ci exercent leurs missions dans des cadres de gestion et des contextes socio-démographique et économiques souvent très différents. Apriles : Lesquels par exemple ? K.L. : Je travaillais auparavant dans un centre social municipal de Douai. Les choses étaient alors très différentes. La mairie faisait de gros investissement et nos moyens étaient par conséquent plus importants, notamment avec une équipe pluri-disciplinaire très étoffée. Ça change les métiers, et particulièrement celui de directeur. Le centre social « espace Torcy » est associatif, et je gère pas moins de 25 lignes budgétaires. Je passe beaucoup de temps dans la gestion et cest peut-être au détriment du management et de lanimation. Ma collègue directrice du centre social Belliard, géré directement par la Caf, est dans une situation différente. Elle na pas le souci de la recherche de financements, ce qui lui permet de dégager du temps pour laccompagnement. Elle a pu notamment mettre en place un comité dusagers qui favorise grandement la participation des habitants. Le conseil dadministration de mon association, composé de personnes qualifiées fait un travail formidable, mais manque dimplantation sur le quartier. Apriles: La participation des habitants est un enjeu important ? K.L. : Fondamental, cest dailleurs lobjet dune réflexion de fond que nous menons en commun avec la collègue du centre social Caf et le centre social Goutte dOr : comment passer des problématiques individuelles aux problématiques collectives ? Il ny a pas de recette idéale mais nous avançons dans nos méthodes afin dassocier plus systématiquement usagers et bénévoles. Le centre social est par exemple porteur de la convention dun grand local de 180 m² rénové dans le cadre dune réhabilitation dimmeuble, dont le bailleur partenaire est la Sablière. Laction qui sintitule « Espace 93 Chapelle » fait lobjet dun programme dactivités inter associatives et constitue un terrain dexpérimentation pour mieux comprendre les mécanismes de participation, identifier ses leviers et ses freins. Pour lanalyse, nous avons collaboré avec 2 chercheurs du CNAM et des étudiants en 3ème année AS de lENS, ainsi que des étudiants en licence de développement social à Paris V. Un processus qui a permit de mettre en avant, de façon paradoxale, la fonction centrale de lintervenant social dans lémergence de cette participation Propos recueillis par Sébastien Poulet-Goffard |
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Katia Lamardelle est la jeune directrice du centre social « Espace Torcy » dans le 18ème arrondissement de Paris. Elle nest encore quau début de sa carrière, mais elle a déjà un long parcours dans le champ de la solidarité : titulaire dun DUT carrières sociales, dune licence de léducation, dune maîtrise et dun DESS stratégies et développement social, cest dans les centres sociaux quelle a choisi dexercer. Dabord à Douai (59), puis à Paris, Katia avec ses équipes professionnelles et bénévoles tricotent le lien social, au bénéfice de toutes les familles du quartier.