| Sylvie Beaufils : « Le territoire bouge. Le CDST impulse et accompagne le mouvement » |
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Sylvie Beaufils: Un CDST est un contrat signé pour 3 ans par la Caisse Centrale de la MSA et lensemble des partenaires (CG, Caf, MSA, associations) au local. Il propose une méthodologie fondée sur lécoute et laction en faveur du développement harmonieux du territoire et de sa population. Lenjeu est dimpulser un processus dynamique sappuyant sur la participation de la population et des acteurs locaux, pour définir des besoins prioritaires à traiter, concevoir des projets, et enfin les conduire. Apriles: Quelle est cette méthodologie ? S.B.: Les CDST se déroulent en plusieurs phases qui impliquent tous les acteurs: Il y a dabord la définition dun territoire pertinent, puis lidentification des besoins et des attentes, la définition des priorités au regard des enjeux et des objectifs de développement des territoires, puis la mobilisation et la mise en oeuvre des actions. Lensemble du processus sappuie sur des instances de pilotage et des commissions de travail thématiques. Les étapes sont identiques, mais chaque CDST a sa vie propre et sattaque à des problématiques ciblées qui correspondent au territoire. Apriles: Par exemple ? S.B.: Les deux CDST en Tarn et Garonne répondent à des logiques tout à fait différentes. Sur le canton de Saint-Nicolas de la Grave (14 communes 5546 habitants), il sagissait initialement de prolonger une dynamique dentraide et de création de liens qui avait émergé dans la population suite une catastrophe naturelle. Outre le dialogue renouvelé entre habitants, élus et professionnels, la démarche a aboutit à la construction de réponses concrètes : création et développement des modes daccueil, développement des services de portage à domicile ou création dune fête de la jeunesse. Sur les cantons de Caylus et de St Antonin Noble val (16 communes, 7593 habitants), la situation est tout à fait différente. Apriles: Cest à dire? S.B.: L'idée d'un CDST est apparue parce que justement, il y avait un déficit de lien manifeste entre ces deux cantons ruraux et mitoyens. Lhistoire les a séparés au moment des guerres de religion et il subsiste depuis une certaine défiance entre ces deux territoires pourtant si proches. Des mouvements récents ont par ailleurs contribué à creuser l'écart entre d'une part un canton constitué de familles implantées depuis de nombreuses générations à l'activité agricole classique et d'autre part, un canton où s'est installé beaucoup de néo-ruraux qui vivent un peu en marge des codes traditionnels de la région. Apriles: L'enjeu du CDST résiderait dans la réconciliation? S.B.: Non, évidemment, mais le territoire est dense en associations culturelles et structures d'insertion. Il y a un fort potentiel en matière de développement social local que le CDST peut concourir à libérer. La finalité de la démarche c'est vraiment de consolider l'existant, en créant des synergies afin de favoriser le lien social. Le pré-diagnostic de 2008 et le diagnostic participatif sur la base d'entretiens d'acteurs et d'habitants de 2009 ont confirmé la pertinence du CDST sur ces territoires. Apriles: De quelle façon? S.B.: Il est apparu un grand besoin de rompre l'isolement, en termes de lien social, mais aussi en termes de communication et de modes de déplacement. Les notions d'échange, de mixité sociale, de convivialité, d'intégration, d'aide à la parentalité ont été largement plébiscitées. Il s'est également exprimé un besoin assez important dune meilleure prise en charge médicale à domicile, mais aussi d'urgence et au niveau du traitement des addictions. Enfin, sur le terrain culturel, la sauvegarde du patrimoine, la mise en valeur de l'identité locale et le développement de loisirs sont apparus comme des préoccupations importantes pour les habitants. Apriles: Dès lors, comment le CDST s'empare de ces questions: S.B.: Plusieurs projets structurants émergent ou bénéficient de la démarche: Par exemple une micro-crèche ou une boutique solidaire, etc. Mais surtout, le CDST favorise la rencontre et léchange de l'ensemble des acteurs autour des différentes thématiques, grâce notamment aux commissions de travail. Habitants, institutionnels et associatifs y apprennent à se connaître et à travailler ensemble autour de réponses adaptées à leur territoire. Ça bouscule les habitudes de tout le monde. Au sein même de la MSA, les deux assistantes sociales qui coordonnent la démarche ont vu leur réseau s'étoffer et leurs pratiques évoluer. En interne et en externe, les représentations changent, les relations entre les uns et les autres aussi. On voit même des personnes améliorer considérablement leurs situations personnelles depuis qu'elles participent aux commissions de travail. Le territoire et ses acteurs bougent. Le CSDT impulse et accompagne ce mouvement.
Propos recueillis par Sébastien Poulet-Goffard |
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