| Vanessa Stawski : "Un logement, ça parle..." |
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Apriles : Dans le domaine de linsertion, votre association est largement reconnue à Besançon. Qui était Julienne Javel ? Vanessa Stawski : Cétait une visiteuse de prison. Dans les années 50, elle crée un foyer dhébergement pour accueillir les sortants de prison. Cest parce que ces derniers avaient des difficultés à trouver un emploi, quelle ouvre une menuiserie et quelle baptise son association Centre Comtois dAssistance par le Travail. A sa mort lassociation prend son nom et continue son développement. Elle gère aujourdhui un CHRS (Centre dHébergement et de Réinsertion Sociale), un CAVA (Centre dAdaptation à la Vie Active une menuiserie industrielle), le service Mission Habitat, et un jardin de Cocagne Apriles : Le premier de France VS : Oui. En 1991, l'association souhaite diversifier ses activités d'insertion par l'économique et étendre son offre de remise au travail pour publics en difficulté. Nous nous somme inspirés des jardins collectifs issus du modèle suisse auquel nous avons ajouté un volet social. Les légumes sont cultivés selon les principes de lagriculture biologique par des personnes en difficultés et sont distribués sous forme de paniers à un réseau dadhérents-consommateurs. Ces jardins permettent à des adultes de (re)construire un projet personnel et professionnel. Ils favorisent, par le travail de la terre et le maraîchage, le réapprentissage dune activité de production et facilitent laccès au marché de lemploi. Apriles : Et dans le domaine de lhabitat, lassociation Julienne Javel développe aussi des programmes innovants. VS : De plus en plus confrontés à des situations individuelles complexes auxquelles les réponses existantes ne conviennent pas, nous développons depuis 1994 un mode d'intervention autour de ce que lon appelle lhabitat spécifique: Les bénéficiaires sont embauchés pour construire leur propre maison, une structure simple, en ossature bois, qui s'adapte aux besoins et possibilités de chacun. Les communes cèdent à l'euro symbolique un terrain aux bailleurs sociaux qui se font maître d'ouvrage et qui fournissent les matériaux. SYNECO, une SARL fondée par l'association emploie le bénéficiaire le temps de la construction. Julienne Javel assure le suivi social pendant et après le chantier, dont la longueur varie en fonction de la composition familiale et des capacités financières des futurs locataires . Le projet est construit avec une forte participation de la famille et s'appuie évidemment sur la volonté affirmée des maires de résoudre le problème du mal logement. L'habitat spécifique permet aux personnes de s'inscrire dans un projet durable d'insertion socio-professionnelle. Apriles: Une action unique en France? VS : Oui, telle que nous la développons, mais elle s'inscrit dans une démarche plus globale dénommée Igloo (Insertion Globale par le LOgement et l'emplOi), un collectif qui regroupe entre autre l'Union sociale pour l'habitat, la FNARS, le mouvement PACT ARIM pour l'amélioration de l'habitat, des syndicats et la CCMSA. L'idée soutenue par le collectif est d'allier l'accès au logement des populations en difficulté à une démarche globale d'insertion autour de la mise au travail et de l'accompagnement social spécifique des personnes et des familles. Apriles: Et vous dans tout ça? VS : Moi j'assure pour 40 % de mon temps l'accompagnement social des personnes bénéficiant de l'habitat spécifique. Et je travaille à 60 % sur laction dAuto-embellissement, un dispositif expérimental de lassociation qui consiste à créer un collectif dhabitants mobilisés en faveur de la réfection des logements individuels. Les chantiers réalisés de façon collective dans les appartements constituent un moyen efficace de rompre lisolement de personnes, souvent sans emploi, qui ne sortent pas ou peu de chez elles. Démunies, mal logées, elles ont évidemment des difficultés à refaire seules leur appartement. Elles nont aucun moyen technique, humain et financier dagir sur leur cadre de vie pour le valoriser. LAuto-embellissement permet donc daméliorer la qualité du logement, tout en redynamisant les personnes autour de la reprise en main de leur appartement, qui est souvent un point didentification. A Julienne Javel, on dit qu'un logement, ça parle...Cest donc également une façon de travailler à lamélioration de lestime de soi. La démarche est consolidée par des groupes de parole et des ateliers d'écriture que j'anime régulièrement. Apriles : Concrètement comment laction sorganise-t-elle ? VS : Chaque mercredi après midi nous tenons un atelier de quartier ouvert à tous les habitants de Besançon dans un appartement prêté par un de nos principaux partenaires, Néolia, bailleur social. Les personnes sont orientées par les bailleurs, les travailleurs sociaux du territoire ou tout autre professionnel, mais peuvent aussi nous contacter grâce au bouche à oreille. Cest un moment convivial qui est le premier point de rencontre du groupe durant lequel on boit un café, parlons un moment. Ensuite, avec lencadrant technique de Julienne Javel, nous discutons de la programmation des chantiers de la semaine. Le jour dit, les uns et les autres nous retrouvons dans un appartement et nous mettons à louvrage sur une ou deux pièces de lappartement. A cette occasion, certains se découvrent des talents cachés jusqualors. Durant laction, il se recrée de lentraide et du lien entre les bénéficiaires, comme autrefois dans les villages. Il nest pas rare dailleurs que les personnes restent en contact à lissue du chantier. Apriles : Tout le monde peut bénéficier de lAuto-embellissement ? VS : Parce que cest un moment convivial, tous les bisontins sont les bienvenus aux ateliers de quartier. Mais pour accueillir un chantier chez soi, il faut impérativement être locataire dun des quatre bailleurs sociaux de la ville - qui sont tous nos partenaires et se fendre d'une petite participation financière. Les quatre organismes HLM payent le matériel qui est acheté en magasin avec les familles. Les autres financements proviennent du CUCS de la ville de Besançon, de la Caf, du 1% patronal, mais aussi de diverses fondations. Depuis sa création en 2007, grâce à l'appui du Conseil Général, l'action a concerné environ 80 ménages et a reçu en 2009 un grand prix national dans le cadre du trophée « s'unir pour agir » de la Fondation de France. Propos recueillis par Sébastien Poulet-Goffard Contact: Vanessa Stawski, Assistante sociale Association Julienne Javel 2, Grande Rue 25220 Chalezeule Tel: 03 81 21 21 23 Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir |
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Vous en avez rêvé, le Carrefour des innovations sociales la fait : permettre en un clic de consulter les projets socialement innovants recensés par plus de 70 sourceurs différents, dont Apriles. Une version test du site, en ligne depuis le 16 avril, compile déjà plus de 5000 actions auprès dune quinzaine de sourceurs. Au fur et à mesure de son développement, un moteur de recherche et une cartographie permettront notamment aux utilisateurs didentifier les projets qui les intéressent, sur une base enrichie en permanence par les sourceurs. Avec quatre grands objectifs : regrouper en un espace partagé linformation fiable disponible sur les projets dinnovation sociale en France, visualiser les projets dans leurs écosystèmes locaux, quelle que soit léchelle (locale, régionale, nationale), mesurer les dynamiques dinnovation sociale par territoire, soutenir lessaimage des innovations sociales. Pour découvrir la plateforme et la tester :
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