Sébastien Barberon est auteur, metteur en scène et comédien. Sa compagnie, Teraluna, crée un spectacle radiophonique interactif et singulier. En sinstallant pour trois semaines dans les cités, «FMR, Radio vivante et itinérante» donne la parole aux habitants, fait le pari des rencontres et met en lumière le dynamisme des territoires en valorisant leurs acteurs.
Apriles : Créer une radio qui sinstalle dans les quartiers
Drôle didée pour une compagnie de Théâtre ?
Sébastien Barberon : Pas tant que ça. Au sein de Teraluna, on sest toujours interrogé sur la place du spectateur et son rôle dans lespace théâtral. Créer une fausse radio, avec de faux animateurs vedettes, mais de vrais contenus et de vrais gens dont on valorise les activités, cest une démarche en phase avec lesprit de la compagnie. Par ailleurs, lécriture de théâtre nest pas si différente de lécriture radiophonique, cest avant tout une question de rythme. Enfin, les émissions sont toutes diffusées en direct et les studios - installés dans les maisons de quartier - sont ouverts au public. Lhabillage musical est joué en live par nos deux musiciens (cuivres, accordéon, guitare). Il y a une vraie scénographie
Chaque émission est une représentation unique et constitue en soi un véritable spectacle qui sarticule autour de trois éléments : le volet pédagogique, par laccès au spectacle vivant, le volet social, par la mise en jeu du tissu local, et le volet artistique, par la présence régulière de léquipe sur les trottoirs de la cité dans ses phases de préparation, décriture et de représentation.
A : Que peut-on écouter sur les ondes dFMR, Radio vivante et itinérante ?
S.B : On réalise en direct une quotidienne du lundi au vendredi de 17h à 18h. Diffusée en hertzien sur nimporte quel poste, mais aussi sur des haut parleurs installés dans le quartier. Grâce à une régie mobile on émet également dans des endroits choisis qui changent tous les jours. Les ingrédients nécessaires à la composition de cette forme inclassable sont lactualité de la commune ou de la structure daccueil, sa richesse associative, son patrimoine, ses projets et ses habitants. On y donne la parole aux gens, des anonymes qui ont finalement tous quelque chose à dire. Sur le plateau, un invité plutôt un bénévole quun président dassociation un reportage, deux trois chroniques de rue et des séquences culturelles, lectures de poésies, slam
On travaille avec les habitants, pour autant on ne laisse aucune place à limprovisation. Les émissions sont minutieusement préparées en amont et on dissèque chaque sujet avec tous les intervenants. Rien nest laissé au hasard, même si la liberté de parole est totale. Par ailleurs, notre venue sur un quartier est largement travaillée avec tous les acteurs du territoire plusieurs mois avant notre arrivée. Il nous faut du temps pour aller à la rencontre des gens et du tissu associatif.
A : Un gros travail
Pour quelle plus-value sur les quartiers ?
S.B : La démarche intéresse tout le monde : pendant trois semaines, les anonymes ont enfin un média pour sexprimer, les activités des associations sont valorisées, les institutions invitées à expliquer leurs rôles, leurs missions, et les maisons de quartier voient entrer dans leurs murs un nouveau public, celui venu assister à nos émissions. Les réunions en amont des enregistrements, le rassemblement du public sur le studio et autour de la régie mobile créent beaucoup de rencontres. Lors de chacune de nos résidences, léquipe artistique est à la fois en repérage et objet de repérage. Sa présence suscite la curiosité dans la cité. Les prises de son et les interviews dans les rues, par exemple, y contribuent. Au final, cest toute la vie dun quartier dans ses dimensions institutionnelles, culturelles et associatives qui se trouve dynamisée à travers le prisme de notre outil radiophonique. En 2009 à Planoise (quartier ZUS de Besançon), nous avons réalisé 35 reportages et reçus 80 invités en 12 émissions. Il nest donc pas étonnant que le CUCS et la ville de Besançon soient nos principaux financeurs. Nous serons prochainement accueillis dans la Maison de quartier Montrapon Fontaine-Ecu du 13 septembre au 1er octobre 2010.
Propos recueillis par Sébastien Poulet-Goffard
Contacts :
Conpagnie Teraluna
Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
Par téléphone au 06 76 36 32 29 (portable compagnie Teraluna)
|